La compagnie Liquid Sound et Inbo Lee présentent « KIN: Yeonhee Project I », une performance qui traverse les frontières
La compagnie Liquid Sound travaille autour [...]
Les « Demoiselles de Tunis » ont trouvé leur terrain commun : un espace où le paradis est celui que l’on se crée, avec ses souvenirs choisis, ses connexions fantasmées, ses identités adoptées, ses affinités électives… Un espace pour la liberté.
Pour cette création, Héla Fattoumi retrouve brillamment la scène en tant que danseuse, qu’elle avait marquée d’une présence si forte dans ses solos Wasla et Manta. Twama Paradise constitue peut-être, dans son rapport aux origines, un troisième volet dans cette démarche, mais résolument aspiré vers une légèreté de l’être que lui apporte sa relation avec Sondos Belhassen. Dès le début de leur duo, la nostalgie est évacuée, car les souvenirs, délicatement chantés et jalonnant le spectacle par la musique, les accessoires ou les lumières, riment avec avenir. « Twama » veut dire sœur jumelle en arabe, et déjà, leur première danse brouille les pistes de façon saisissante, quand le visage lui-même participe d’une confusion qui place l’altérité à un niveau de connexion troublant. Dans un espace rythmé par d’aériennes colonnes, elles promènent ensuite leurs confondantes complexions dans des jeux de corps et de chants entre cabaret et comédie musicale, où la rencontre se donne tantôt complice, tantôt mutine, espiègle ou appliquée.
Sororité à tous les étages
Un des moments forts du duo réside dans la Chanson des Jumelles, reprise singulière des Demoiselles de Rochefort par des Demoiselles de Tunis tout aussi libres et malicieuses que les Deneuve-Dorléac – mention spéciale à Eric Lamoureux, dont la création sonore est un voyage / hommage plein de saveurs. Mais en les observant également dans des marches très structurées, arpentant le plateau en long et en large dans une danse presque hiéroglyphique, on mesure une vélocité, une rectitude dans le tranché du geste, une précision dans la calligraphie des mains qui ouvrent un autre espace pour le regard. Elles y déposent avec gravité leurs gestes de femmes, leurs parcours de vie, leur âge, leur origine, leurs failles, leur émancipation… Leurs paradis choisis.
Nathalie Yokel
Spectacle vu au Festival Montpellier Danse.
Tournée :
9 et 10 octobre à Viadanse, CCN de Belfort
21 novembre au NEUFNEUF Festival – Toulouse
21 janvier au Tangram – scène nationale – Évreux
6 et 7 février au Festival Everybody – en partenariat avec le Festival Faits d’hiver – Le Carreau du Temple – Paris
16 mars à la Quinzaine de la Danse – La Filature – scène nationale – Mulhouse
Mars au festival On Marche – Marrakech – Maroc
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