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Danse - Critique

Une somptueuse « Bayadère » triomphe à l’Opéra de Paris, chorégraphiée par Rudolf Noureev

Une somptueuse « Bayadère » triomphe à l’Opéra de Paris, chorégraphiée par Rudolf Noureev - Critique sortie Danse Paris Opéra Bastille
Léonore Baulac et Paul Marque interprètent La Bayadère de Rudolf Noureev © Y. Kellerman / Opéra national de Paris

Opéra Bastille / Chor. Rudolf Noureev

Publié le 19 juin 2026 - N° 344

Le Ballet de l’Opéra national de Paris reprend La Bayadère, un spectacle somptueux inspiré de Marius Petipa et signé Rudolf Noureev. Si l’ensemble de la troupe, décidément en grande forme, y excelle, Paul Marque, d’une grande élégance et semblant s’envoler à chacun de ses sauts, y est particulièrement remarquable.

La Bayadère tient une place particulière dans la carrière de Rudolf Noureev. Il y a triomphé dans le rôle principal, celui de Solor, un an seulement après son arrivée au Kirov, puis au Royal Ballet de Londres en 1963 et à l’Opéra de Paris en 1974 dans le dernier acte, le fameux acte des Ombres, le seul donné à son initiative alors que ce ballet était absent des scènes occidentales. Il en monte enfin au crépuscule de sa vie une nouvelle production assez fidèle à la version de son maître Petipa, à Paris en 1992. Régulièrement joué depuis et triomphant à chacune de ses représentations, ce ballet orientaliste aux costumes chamarrés et aux décors fastueux narre les amours contrariées du guerrier Solor et de la danseuse et gardienne du feu sacré du temple Nikiya, la bayadère, alors que le Rajah de Golconde promet le premier en mariage à sa fille Gamzatti et que la dernière est convoitée par le Grand Brahmane, prêtre du temple. Découvrant la passion qui anime les deux amants, le Rajah de Golconde commandite le meurtre de Nikiya. Les deux amants se retrouvent en rêve dans le dernier acte, alors que Solor est enivré par des vapeurs d’opium et que Nikiya interprète une danse sans fin avec ses congénères les Ombres, toutes fantômes de bayadères.

Les amours tragiques de Nikiya et Solor

Dans l’acte inaugural qui pose l’action, un premier tableau se déroule devant le temple. On y découvre une Léonore Baulac (Nikiya) souveraine et déterminée lorsqu’elle repousse les avances du Grand Brahmane, juvénile lorsqu’elle retrouve son amant et s’élance dans ses bras. Paul Marque (Solor) est lui d’une élégance folle. Le second tableau se déroule dans le palais du Rajah, alors qu’il présente sa fille Gamzatti (Bleuenn Battistoni, très diva) à son futur mari contraint d’accepter les épousailles et que, notre bayadère étant venue danser pour bénir les fiançailles, les deux femmes se disputent violemment. Consacré aux fameuses fiançailles, le deuxième acte est somptueux. Défilés, arrivée de Solor sur un éléphant, danses des éventails, des perroquets, indienne, variation de l’Idole dorée (Antoine Kirscher bondissant), tout le Ballet de l’Opéra rivalise d’excellence technique. Mais ce sont Paul Marque et Bleuenn Battistoni qui frappent le plus sûrement les esprits, l’un d’une musicalité remarquable et semblant s’envoler pour ne jamais retomber à chacun de ses sauts, l’autre brillant dans des tours et des fouettés sans fin. Il s’achève de façon dramatique avec la mort de Nikiya. Le troisième et dernier acte, enfin, prend d’abord place dans la chambre de Solor qui fume de l’opium avant de nous emmener dans un paysage de nature fantasmée ou règne les Ombres. Celles-ci, vêtues de tutus blancs, apparaissent une à une répétant une large arabesque, dans une ligne qui semble ne jamais vouloir s’achever et serpente d’une rampe jusqu’à la scène. Exécutée dans un unisson parfait, l’image est fascinante. À nouveau réunis, Paule Marque et Léonore Baulac nous montrent dans leurs pas de deux une belle entente et se distinguent, l’un comme l’autre, dans leurs variations.

Delphine Baffour

A propos de l'événement

Bayadère
du jeudi 18 juin 2026 au dimanche 12 juillet 2026
Opéra Bastille
Place de la Bastille, 75012 Paris

Les 18, 20, 23, 24, 26, 27, 29, 30 juin et les 2, 3, 6, 8, 9, 11 juillet à 19h30, les 21 juin et 5, 12 juillet 14h30. Tél. 08 92 89 90 90. www.operadeparis.fr. Durée : 2h55 avec deux entractes.

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