« Une Rose plus rouge », Christine Muller interroge nos façons d’aimer et la possibilité d’en inventer de nouvelles
Avec son adaptation très libre de la bande [...]
Mêlant corps et voix off qui se déploient dans des lumières ciselées, Pulpit est une histoire de peaux menée par deux jeunes chorégraphes interprètes qui, unis dans la Cie Désacorpsdé, allient danses contemporaine et hip-hop.
En voix off, plateau vide, il nous dit qu’il ne sait pas s’il fait chaud ou froid mais que sa peau le sait, que cette peau le relie autant qu’elle le sépare. Toujours en voix off, mais dansant doucement, lentement, sous nos yeux dans un faisceau de lumière, elle raconte que sa peau garde les traces de son histoire et nous parle de ce soleil qui s’impose sans jamais le lui demander, qui pénètre, qui prend. Puis il y a elle et lui, leur rencontre attentive, curieuse qui passe d’abord par les regards puis évidemment par les peaux. Face à face ils se serrent la main, premier contact, collent leurs jouent, droite, gauche, appuient, frottent, pincent, s’appuient l’un sur l’autre et finalement s’étreignent. Alors ils roulent, s’enroulent, se manipulent, s’assemblent et se rassemblent, tandis que leurs voix off expriment les impressions de l’un et de l’autre : « pourquoi on est aussi proches d’un coup, avant il y avait de l’air », « peau à peau c’est mieux », « je crois qu’on a fusionné au niveau des hanches », « il n’est pas délicat ».
Bien ou mal dans sa peau
La vie suit son court et après les envolées tourbillonnantes de la passion arrive le temps de l’éloignement, la désynchronisation de leurs danses, les solitudes et les crises existentielles, puis finalement la maturité et l’apaisement qui vient en même temps que les stries des rides, histoires vécues sur le parchemin de nos peaux. Dans cette jolie pièce le texte compte autant que les corps qui déploient une danse contact jouant des poids et des portés, s’évadant dans des figures de breaking au sol élégantes. On y découvre d’astucieuses idées, comme cette façon de rejouer les mêmes gestes avec des intentions différentes : appuyer, frotter, pincer la peau de l’autre n’exprime pas la même chose au moment de la rencontre et de la rupture, lorsqu’il s’agit de se découvrir ou de se battre, de se quitter.
Delphine Baffour
à 21h30, relâche le lundi. Tél. 04 90 86 01 27. Durée : 50 mn
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