Mouss Zouheyri fait résonner la langue jouissive et bouillante de son ami Aziz Chouaki dans « El Maestro »
El Maestro dirige devant des musiciens [...]
La chorégraphe taïwanaise Hsieh Yi‑Chun puise dans les souvenirs des processions de son enfance pour rappeler que nos croyances s’inscrivent au plus profond du corps.
Dans Trace of Belief, six danseurs et danseuses avancent en silence, comme si une force archaïque les tirait vers un centre invisible. Rien n’est dit, mais tout semble murmuré : une croyance diffuse, un fil qui relie les gestes à quelque chose de plus vaste qu’eux. Les danseurs, quasiment immobiles, ouvrent un espace où l’on respire autrement, où l’on écoute ce qui, d’ordinaire, se tait. Par instants, ils se rassemblent en une figure compacte, presque cérémonielle, comme si un rite oublié les convoquait. Puis l’ensemble se défait : un bras s’écarte, un dos se plie, un souffle se détache du groupe. On voit alors surgir l’individu, fragile, hésitant, cherchant sa propre voie dans le flux commun. Cette alternance crée une dramaturgie souterraine entre la promesse du collectif et la solitude intérieure. Cette chorégraphie, très inspirée par le Taoïsme, joue sur cette oscillation entre des forces contraires et une répétition des mêmes motifs formant une boucle infinie.
Un spectacle spirituel
On croit percevoir des réminiscences de danses traditionnelles mixées très habilement à une gestuelle contemporaine, mais aussi des traces de processions, des ombres de créatures mythiques.Les danseurs manipulent des éventails de plumes, cachant leurs visages et brouillant les frontières entre humain et animal. Comme ce très beau duo, où un homme portant une femme sur son dos fait surgir une créature magique, mi-oiseau, mi-gargouille. Tout devient signe : un battement de bras, une torsion du torse, une chute lente qui ressemble à une offrande. La musique, faite de pulsations sourdes et de souffles, enveloppe les corps, les pousse, les précipite, accompagnant la traversée intérieure des interprètes, qui passent d’une douceur hypnotique à une urgence presque primitive, tout en conservant les mêmes mouvements. Puis, dans un geste final, une danseuse se défait de ses vêtements, comme on abandonne une peau trop lourde. Elle se tient droite, dépouillée, face au public. Après les métamorphoses, les masques, les illusions, il ne reste que le corps, simple, nu, irréductible, comme une présence mystique.
Agnès Izrine
à 11h25. Relâche les 8, 15, 22 juillet. Durée : 45 min. Tél. : 04 90 22 48 43. À partir de 6 ans
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