« À la recherche de la recherche » de Jean-Jacques Vanier, des dialogues d’anthologie et un humour maîtrisé
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Un comédien, un musicien, un récit pluriel. Accompagné au clavier et à l’accordéon par Philippe Orivel, David Murgia sculpte la chair vive des mots d’Ascanio Celestini. C’est Rumba, dernier volet de la trilogie des « pauvres diables ». Quand le théâtre nous touche à travers des tourbillons de mots.
En 2017, il y eut Laïka. Puis Pueblo en 2020. Aujourd’hui, avec Rumba, David Murgia achève la trilogie de théâtre-récit imaginée par son complice l’auteur-metteur en scène italien Ascanio Celestini. Vêtu de noir, devant un rideau rouge qui dévoilera bientôt une toile peinte, le comédien belge nous regarde les yeux dans les yeux. Il s’adresse à nous de la façon la plus brute et la plus directe qui soit, depuis un bout de plateau, à l’avant-scène, qu’il ne quittera pas. Le geste théâtral qu’il dessine n’admet aucun artifice : une voix, un corps, un lien de chaque instant avec le public, un rapport essentiel au texte qu’il transmet à vive allure. À travers lui, des invisibles apparaissent et des sans voix prennent la parole. Le parcours de ces personnages relégués à la marge de notre société contemporaine sont confrontés à l’histoire de Saint François d’Assise, fils d’un riche marchand qui, au Moyen Âge, renonça à l’opulence pour vivre dans la pauvreté.
Les laissés-pour-compte de notre monde
Sur le parking miteux d’un supermarché périphérique, non loin d’un bar de seconde zone, nous faisons la connaissance de Job, un manutentionnaire analphabète travaillant dans un entrepôt de logistique. Ainsi que de Joseph, un fossoyeur d’origine africaine ayant vécu l’atrocité des exodes migratoires. Nous rencontrons aussi Morlupo, jeune père déversant la tristesse et la colère qui le tiennent dans les marécages du racisme… Ces existences de laissés-pour-compte s’entrecroisent, se chevauchent, se répondent, sans trêve et sans répit. Ils nous parlent du monde inégalitaire dans lequel certains ont tout et d’autres rien. David Murgia donne vie au texte d’Ascanio Celestini avec une force concrète qui en impose. La forêt de mots au sein de laquelle il nous guide se traverse à cent à l’heure. On y compte les étoiles qui constellent le ciel et les corps qui hantent les fonds de la Méditerranée. On y respire, entremêlées, la légèreté et la gravité de quotidiens empêchés.
Manuel Piolat Soleymat
à 19h45. Relâche le mercredi. Tél : 04 90 14 07 99. Durée : 1h35.
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