« Journal d’un corps », David Nathanson s’empare du texte de Daniel Pennac
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Avignon / 2026 - Entretien / Johnny Rasse et Jean Boucault
Avec Sur les ailes de Darwin, les chanteurs d’oiseaux Johnny Rasse et Jean Boucault donnent corps et voix au célèbre naturaliste et aux êtres ailés qu’il rencontre lors de son voyage de la Cordillère des Andes jusqu’au Brésil.
« Notre nouvelle création Sur les ailes de Darwin est le fruit de nos vingt ans de travail artistique professionnel en tant que chanteurs d’oiseaux, pratique que nous avons développée à partir d’une passion d’enfants ayant grandi dans la Baie de Somme. Nous avons commencé par mêler nos imitations d’oiseaux à de la musique classique, puis notre rencontre avec le conteur Yannick Jaulin nous a poussés à intégrer du récit à nos créations, ce qui a été très important pour nous. Nous avons créé Perchés, conférence-spectacle où nous parlons de notre histoire et de notre pratique, auxquelles nous avons également consacré un livre paru en avril 2025, Chanteurs d’oiseaux (Les Arènes), et où nous vulgarisons aussi des connaissances ornithologiques. Dans Sur les ailes de Darwin, nous faisons de nouveau se rencontrer science et nature qui sont de nos jours largement séparées dans le champ de la pensée alors qu’à la Renaissance elles allaient de pair. Nous explorons cette fois le registre du récit historique, accompagnés par deux excellents musiciens, le flûtiste Pierre Hamon et la pianiste Lidija Bizjak.
Dans le récit que fait Darwin du voyage qu’il entreprend de la Cordillère des Andes jusqu’au Brésil de 1831 à 1836, les animaux qu’il croise sur son chemin ont autant d’importance que les hommes. Son observation des pinsons des Galápagos, prémisse de la théorie de l’évolution qu’il va développer à son retour et pour laquelle il aura le courage de s’opposer au monde entier, a par exemple beaucoup compté dans nos choix d’adapter son texte, écrit à son retour de voyage. En conférenciers spécialistes de Darwin, nous plongeons dans le passé pour nous identifier de plus en plus à lui ainsi qu’aux oiseaux qu’il décrit, nous mettons en scène la rencontre entre deux mondes. Le monde occidental, qui en matière musicale est incarné par Chopin, et le monde amérindien présent grâce aux divers instruments que joue Pierre Hamon. C’est avec lui que, dans le cadre d’une tournée en Amazonie, nous avons pu rencontrer les oiseaux dont parle Darwin pour ensuite apprendre à imiter leurs chants qui ont une résonnance très particulière, métallique. Dans le spectacle, nous convoquons ces espèces dans le même ordre que Darwin dans son récit, avec l’humour dont nous avons fait notre marque de fabrique ».
Propos recueillis par Anaïs Heluin
à 20h15, relâche le jeudi. Tel : 04 32 74 18 54. Durée : 1h.
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