Rébecca Chaillon développe dans « La Parabole du Seum » une mythologie queer comme stratégie de résistance au pire
Dans La Parabole du Seum, Rébecca Chaillon [...]
Avignon / 2026 - Entretien / Ahmed El Attar
À travers son théâtre, l’auteur-metteur en scène Ahmed El Attar porte un regard sans concession sur la société égyptienne contemporaine. Après The Last Supper en 2015 et Mama en 2018, l’artiste (né au Caire en 1969) revient dans le In avec Salma, Mon Amour. Quand le quotidien d’une riche famille égyptienne est subitement bouleversé par le chaos d’un monde soumis à la violence…
« Si je devais présenter mon univers théâtral, je dirais qu’il cherche à rendre compte de la réalité contemporaine des sociétés égyptienne et arabe à travers des spectacles qui brouillent les frontières entre les genres, des spectacles qui cherchent constamment à surprendre le public, à déjouer ses attentes par le biais de formes inattendues. Ma nouvelle création, Salma, Mon Amour, interroge ce qui peut advenir après la violence, après la destruction, une fois qu’a disparu l’idée d’une justice universelle. Lorsque je réfléchis à ces questions, je pense particulièrement à la génération suivante, la génération Z comme on dit, la génération perdue comme moi je l’appelle. Cette génération hérite d’un monde qui a abandonné ses valeurs humaines, un monde au bord du gouffre écologique, un monde moralement corrompu où les inégalités économiques règnent, non seulement entre les pays dits développés et le reste de la planète, mais à l’intérieur même des pays développés. Nous avons laissé s’établir un système d’une violence extrême où les forts s’arrogent le droit d’anéantir leurs adversaires.
Salma, Mon Amour tente de se mettre à la place de la génération Z et imagine des réponses. Cela, tout en invitant le public à réfléchir à ces dernières et, éventuellement, à en formuler de nouvelles. Mon spectacle vise à mettre en lumière de nombreux problèmes, notamment les inégalités de richesse qui existent au sein de la société arabe et de la société égyptienne, même si aujourd’hui, comme je l’ai dit, ces inégalités ne sont pas liées à une région spécifique du monde, mais constituent un phénomène mondial. Dans Salma, Mon Amour, j’explore en outre les structures de pouvoir au sein de la famille, comme reflet des structures de pouvoir de la société en général, ainsi que le déclin de notre civilisation actuelle et bien d’autres sujets. Je crois que, même si je parle de la société égyptienne, mon propos trouve un écho universel, car nous sommes nombreux aujourd’hui à partager des réalités qui, à bien des égards, se ressemblent. »
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Manuel Piolat Soleymat
à 12h. Spectacle en arabe, surtitré en français et anglais. Tél : 04 90 14 14 14. Durée : 1h15.
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