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Avignon / 2026 - Gros Plan

Rébecca Chaillon développe dans « La Parabole du Seum » une mythologie queer comme stratégie de résistance au pire

Rébecca Chaillon développe dans « La Parabole du Seum » une mythologie queer comme stratégie de résistance au pire - Critique sortie Avignon / 2026 Avignon Festival d’Avignon. Cloître des Célestins
© Marikel Lahana La Parabole du Seum de Rebecca Chaillon

Cloître des Célestins / Texte et mise en scène de Rébecca Chaillon

Publié le 29 mai 2026 - N° 345

Dans La Parabole du Seum, Rébecca Chaillon envisage la scène de théâtre comme un endroit de survie pour les personnes minorisées. Fable astrologique et astronomique, ce spectacle développe une mythologie queer comme stratégie de résistance au pire.

Depuis la création de sa compagnie Dans Le Ventre en 2006, la performeuse, autrice et metteuse en scène Rébecca Chaillon déploie un langage hybride au service d’une réflexion sur les identités minorisées, pour leur célébration. Après Carte Noire Nommée Désir qu’elle présentait en 2023 au Festival d’Avignon, l’artiste y revient avec sa nouvelle création, La Parabole du Seum. Elle s’aventure ici pour la première fois dans la fiction, dans le sillage d’autrices noires américaines (Octavia Butler, N.K. Jemisin, Nnedi Okorafor), caribéennes (Ketty Steward, Isis Labeau-Caberia, Nadia Chonville), d’un auteur trans afro britannique (Rivers Solomon) et d’une autrice blanche obèse (Meg Elison) qui s’approprient de manières singulières le champ de la science-fiction. Pour bâtir son histoire toutefois, Rébecca Chaillon part d’une réalité qu’elle connaît bien : celle de la Seine-Saint-Denis (93), « territoire périphérique de la capitale, extrêmement stigmatisé ».

Une communauté hors-normes

Les interprètes issues de disciplines diverses que rassemble Rébecca Chaillon dans La Parabole du Seum forment au plateau une communauté complexe portée par deux figures afro-descendantes issues du 93 : la chanteuse Aya Nakamura et l’astrophysicienne Fatoumata Kébé. Nourri par des voyages effectués par Rébecca Chaillon en Nouvelle-Calédonie et en Martinique, l’imaginaire qui s’exprime dans cette création forme une « mythologie queer ». Sous la forme d’un conte astrologique et astronomique, le spectacle donne à voir la « quête de réparation du monde, du 93 jusqu’aux étoiles » d’un groupe de personnes dont les identités sont hors-normes. Grosses, racisées, handicapées ou à un autre endroit de minorisation, les performeuses, comédiennes et musiciennes de ce spectacle font vivre un espace-temps que Rébecca Chaillon souhaite semblable à celui d’une veillée. Long, étendu, celui-ci offre au spectateur la possibilité de déambuler, de se constituer librement son parcours, son chemin vers un autre regard sur les corps non-normés. C’est en somme une forme d’utopie à bâtir ensemble que propose La Parabole du Seum, contre « la perte de désir, la peur de l’effondrement, les massacres en cours et la sidération collective ».

Anaïs Heluin

A propos de l'événement

La Parabole du Seum
du samedi 4 juillet 2026 au dimanche 12 juillet 2026
Festival d’Avignon. Cloître des Célestins
Place des Corps Saints, 84 000 Avignon

à 22h, relâche le 7 juillet. Tel : 04 90 14 14 14. Durée : 2h45.

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