« Hchouma Blues » de Hicham Boutahar retrace la vie d’un jeune homme issu de l’immigration maghrébine entre violences policières et difficulté d’intégration
Parcours d’un jeune homme issu de [...]
Avec Bolek, la Compagnie n°8 propose un spectacle de clown pour la salle, un quatuor féminin poétique autant qu’absurde. Ici, l’humour est employé de telle sorte qu’il permette aux spectateurs de rire de leurs propres travers et de leurs propres vulnérabilités. Un spectacle qui invite à imaginer que d’autres façons d’être au monde sont possibles.
Sur scène s’agitent quatre clownes aux visages peints de blanc, affublées du traditionnel nez rouge qui indique leur appartenance à cette grande famille aux traditions séculaires. Elles sont vêtues du même smoking noir, dans un double pied de nez au patriarcat et aux puissants puisqu’il s’agit d’une pièce du vestiaire masculin et d’un marqueur du chic de la haute société. Ces quatre clownes sont un peu anarchistes, en tous cas diablement indisciplinées. Avec leur ironie légère, elles font face au cynisme de notre époque, cet état d’esprit qui s’accommode de tout et surtout du pire. Le but ? Provoquer un rire léger mais franc, un rire qui libère. Ces quatre créatures, tellement ignorantes des normes sociales qu’elles en deviennent des « animales fabuleux », ne nous inviteraient-elles pas à les suivre et à goûter un peu le bonheur d’être idiot ?
Faire renaître un rire qui, enfin, ne soit pas cynique
Alexandre Pavlata, qui met en scène Bolek, est issu d’une famille de cirque : il a plusieurs générations d’artistes derrière lui, qui lui ont légué en héritage un clown dit traditionnel. Mais il revendique de faire le lien avec le contemporain, et, de fait, le récit de Bolek est éclaté, le temps et l’espace sont destructurés, de manière à mieux perdre les spectateurs. Dans leur absolue fragilité, dans leur humanité à nue, ces quatre clownes sont nos reflets, peut-être en mieux : plus libres, plus authentiques, plus capables d’empathie ? Dès lors, le spectacle nous invite, par le rire, à toucher un peu à la possibilité de nous réinventer, et de trouver notre propre « animale fabuleux ». Au fond, cette entreprise transformative a une nature politique, pas au sens d’un spectacle partisan, mais d’un spectacle qui agit sur la société. La compagnie ne s’en défend d’ailleurs pas, qui écrit : « Pour nous la poésie EST politique | Et la Clowne, son meilleur instrument. » Un projet ambitieux servi par la recherche de ce moment de grâce où le rire libère la personne qu’il habite, sans se produire pour autant au détriment d’autrui.
Mathieu Dochtermann
à 10h. Tél. : 09 74 74 64 90. Durée : 1h. À partir de 6 ans.
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