« Simple comme merci », duo théâtre/musique de Chloé Martin sur la gratitude
Seule en scène avec un musicien, Chloé Martin [...]
La compagnie Les Vagabonds explore un théâtre du chaos et du merveilleux, de l’ombre et de la révélation, en adaptant Le Maître et Marguerite, le chef-d’œuvre foisonnant de Boulgakov.
Magnifique histoire d’amour, acerbe critique politique et sociale, comédie burlesque et conte fantastique : tout est dans Le Maître et Marguerite, de la fable animalière humoristique à l’allégorie philosophique, de la satire du système soviétique à celle de la modernité, du manifeste pour la liberté de l’artiste à la dénonciation de la lâcheté de la soumission. La compagnie Les Vagabonds explique ainsi son désir de l’adapter pour la scène : « Le Maître et Marguerite parle de censure, de peur, de conformisme et de manipulation du réel — mais aussi de désir, de foi, d’amour et de liberté intérieure. C’est une œuvre sur ce qui résiste quand tout cherche à plier : l’imaginaire, la création, la parole. Sur ce qui, dans l’être humain, refuse encore de se soumettre. » Pour rendre au plateau cette fresque polyphonique, Benjamin Bouzy et Vincent Marguet proposent « un théâtre de métamorphose, de contrastes et de trouble ».
Entre rire et vertige
Six comédiens incarnent toutes les figures des trois histoires mêlées dans un espace en mouvement permanent. « Entre théâtre populaire, fresque épique, burlesque et fantastique, les registres se heurtent et se répondent pour restituer toute la richesse vertigineuse de Boulgakov ». Dans le Moscou des années 1930, le diable, un démon aux allures de tueur et un chat géant cynique débarquent en ville et sèment un chaos jubilatoire. Leur venue agit comme un révélateur : les puissants vacillent, les lâches se démasquent, les certitudes s’effondrent. Pendant ce temps, se déploie l’histoire de l’amour absolu entre le maître, écrivain censuré, et Marguerite, prête au sacrifice de son âme pour le retrouver. Comme le mal défie le bien, l’amour défie la mort, et la même question revient, disent Benjamin Bouzy et Vincent Marguet : « peut-on vraiment tuer une idée, brûler un manuscrit, effacer un amour — ou certaines vérités sont-elles condamnées à ressurgir ? »
Catherine Robert
à 22h15, relâche les 8, 15 et 22 juillet. Tél. : 04 74 74 64 90. Durée : 1h40.
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