Denis Lachaud met en scène « Avec plaisirs » de Sandie Masson, une interrogation sur le véritable amour
Sandie Masson propose une radiographie du [...]
Seule en scène, et pourtant mille vies et mille rencontres viennent percuter Stephy Tsui. Bienvenue dans son monde à nul autre pareil.
Incroyable Stephy Tsui ! : On croyait assister à une performance dessinée comme il en existe déjà, mais le retournement qu’elle opère et l’univers dans lequel elle nous plonge nous laissent ébaubis. Le spectateur s’installe alors qu’elle est déjà à la tâche, dos à nous, affairée à dessiner à la craie sur un grand panneau de kraft en fond de scène. La mer, une montagne qui deviendra volcan, et des vagues harmonieuses qu’elle viendra briser de traits tempétueux. Ses gestes vifs comportent déjà une certaine préoccupation, comme une urgence. C’est après que tout bascule. La feuille de papier prend vie sous ses manipulations dansées, se soulève, ses craquements en font une caverne, ses enveloppements un manteau qui l’englobe. Elle se débat, disparaît sous l’informe, en devient presque sa marionnette dans un combat effréné. C’est ainsi que fonctionne Michi : des objets s’animent sous l’impulsion de la performeuse hongkongaise, offrant des imaginaires fournis et surtout assez surréalistes, qui dépassent la source d’inspiration à l’origine du spectacle : le manga japonais L’Attaque des Titans.
Aux frontières du mime, du théâtre sans parole et de la danse
Ainsi, l’on voyage avec elle dans sa confrontation théâtralisée avec des éléments tous aussi étranges que concrets. Il faut la voir se battre avec des mètres de boyaux souples, dont la lourdeur et l’enchevêtrement sans fin lui provoquent de grosses sueurs. Femme forte, elle se transforme soudainement en chef d’orchestre de carton-pâte, dont la gestuelle masquée ne trahit pas ses intentions martiales. Entre mime et danse, Stephy Tsui traverse son épopée en soulevant des montagnes, au cœur d’un univers hostile dont elle cherche à s’extraire. Bruits de bottes, de bombes, courses folles, saut en parachute, grenade dégoupillée, mise en joue… Michi (« le chemin ») est un film vivant sans parole et sans pellicule que la performeuse porte à bras-le-corps, dans une course vers la liberté au final surprenant.
Nathalie Yokel
à 15h50, relâche le mercredi. Réservations : theatretransversal.com. Durée : 50 mn.
Sandie Masson propose une radiographie du [...]
D’abord intitulé Solo Arts Martiaux, le [...]
Une œuvre peut-elle façonner notre rapport au [...]