« De Nietzsche à Sarah Kane, inspirations multiples », João Paulo Lorenzon fait son retour à Avignon avec deux propositions
À La Scierie, João Paulo Lorenzon interprète [...]
A vouloir décliner une précédente recherche, Fabrice Lambert noie sa danse dans une déferlante musicale, au risque d’en perdre les états sensibles.
Précédemment dans Renverse, les courants marins de l’AMOC (Atlantic Meridional Overturning Circulation) avaient été une source d’inspiration pour mettre au jour des circulations, des trajectoires, et des images rendues possibles par des corps et des masses puissamment projetés dans la danse. Ce nouveau trio en offre une déclinaison. D’abord de dos, mues par une marche sur le motif de l’infini qu’elles dessinent au sol, les danseuses attendront de pouvoir se retourner pour explorer un tout autre état de corps, qui constituera la base de l’écriture gestuelle de la pièce. De marches en courses, de détours en spirales, la danse sera fluide, les bras déliés, l’énergie inépuisable, semblant sans cesse vouloir incarner la vague. Il y a quelque chose de l’ordre du mouvement perpétuel dans La vitesse de l’eau, même si parfois, quelques gouttelettes semblent vouloir s’échapper et raconter autre chose.
Trois danseuses virevoltantes
La lumière propose une dramaturgie propre sur laquelle s’appuient les danseuses, tantôt, menaçante, tantôt enveloppante, parfois atmosphérique. Mais lorsque qu’à cela, il faut rajouter la musique, plein volume, omniprésente, dramatisante de roulements de tambours… alors la pièce perd une dimension sensible que nos perceptions sur-stimulées auront peine à récupérer. Reviennent en mémoire d’autres expérience de l’eau, de l’eau comme matière par exemple, capable de produire des qualités de mouvement inédites et en empathie directe avec le spectateur. Mais le corps sensible et regretté façon Odile Duboc n’aime pas la vitesse de l’eau, qui elle-même préfère le flux incessant du mouvement pour dire un corps virtuose à danser. Brasser l’espace d’une danse tourbillonnante ne suffit pourtant pas à dire nos urgences d’aujourd’hui, qu’elles soient écologiques ou sociétales, vers un corps sensible poreux à autrui et à ce qui l’entoure.
Nathalie Yokel
à 19h20, relâche le 15 juillet. Tel : 04 90 82 33 12. Durée : 50 mn.
Tournée : Le 18 septembre et le 27 mars au Théâtre Jacques Carat de Cachan, le 11 octobre à l’Abbaye de Royaumont.
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