« La Nuit se lève », Melissa Zehner et les Palpitantes font ressurgir l’horreur des violences sexuelles sur mineurs
Laure Barida, Sara Charrier, Vinora Epp, Maud [...]
Marien Tillet installe Amélie Armao et Gaël Ascal dans la poésie à l’éclatante fulgurance politique de Magali Mougel. Une pièce coup de poing sur l’écroulement vu à hauteur d’enfant.
Le monde nouveau se construit sur les ruines et les cadavres de l’ancien, pétrifié dans le désespoir et le ressentiment. Dans le bassin minier comme ailleurs, le désastre humain s’étend comme le lichen, ces « drôles de taches rouges » qui sont « la seule chose qui pousse après l’éruption d’un volcan », dit Magali Mougel. À l’instar de Bartleby, le père préfère ne pas. Ne pas plier, ne pas déménager, ne pas réparer les fuites ; rester dans la maison promise à la démolition, jusqu’à ce que les pelleteuses aient démantelé son quartier et fait fuir les oiseaux de son pigeonnier, qu’il sert à la petite en ragoût, faute de grives.
Ode à l’espoir d’un monde meilleur
Marien Tillet s’empare du drame avec finesse et épure, au-delà de tout pathos, confrontant le monde extérieur à celui de l’intime. Amélie Armao joue avec l’adresse directe au public, le flottement de sens et la porosité entre fiction et réalité, pendant que Gaël Ascal crée un univers sonore fait de strates mouvantes, dans lequel chaque spectateur peut trouver ce qui résonne avec sa propre mémoire. Écrit en résidence à Culture Commune, scène nationale du bassin minier du Pas-de-Calais, le texte de Magali Mougel a une portée universelle. Tous les enfants du monde privés de toit, de protection et de chaleur semblent revivre à travers les incompréhensions de cette petite fille victime de la faiblesse et de la lâcheté des adultes.
Catherine Robert
à 12h20. Relâche le dimanche. Tél. : 04 90 03 01 90. Durée : 1h.
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