« La Nuit se lève », Melissa Zehner et les Palpitantes font ressurgir l’horreur des violences sexuelles sur mineurs
Laure Barida, Sara Charrier, Vinora Epp, Maud [...]
Avignon / 2026 - Entretien / Lanna Prawidlo et Yanis Dimaa
Dans CDG-Boumédiène, la compagnie La Maison Bleue dit les doutes de la diaspora algérienne. La metteure en scène Lanna Prawidlo et le comédien Yanis Dimaa nous présentent cette pièce située dans un aéroport. Direction : Alger.
CDG-Boumédiène est la première création de la compagnie La Maison Bleue. Pouvez-vous nous en expliquer la genèse ?
Lanna Prawidlo et Yanis Dimaa : L’idée de créer un spectacle sur la diaspora algérienne vient de Céline Trouchaud, qui pendant sa formation théâtrale aux Cours Acquaviva retrouve des lettres de ses grands-parents pieds-noirs. Elle se rend alors compte qu’elle n’est pas la seule de l’école – où nous avons nous aussi été formés – à avoir un lien à l’Algérie. Elle décide avec plusieurs élèves de créer un spectacle sur cette relation à ce pays avec comme but de le présenter au Prix du Théâtre 13, et c’est ainsi que naît la compagnie La Maison Bleue.
Quelles sont les différentes relations qu’entretiennent les interprètes à l’Algérie, et comment cela a-t-il été mis au travail ?
L.P. et Y.D. : Les liens que les interprètes ont avec l’Algérie forment un panel de la diaspora algérienne. Nous avons travaillé en improvisation à partir de nos vécus individuels, ce qui a fourni à Cécile la matière nécessaire à l’écriture. CDG-Boumédiène n’est pourtant pas un spectacle autobiographique : nous incarnons des personnages. Areski et Lila, frère et sœur, ont quitté l’Algérie très jeunes au moment de la décennie noire. Ralid est né en France d’une mère algérienne elle-même fille de harki, Gabrielle est fille de pieds-noirs et Éloïse est une Franco-algérienne LGBTQIA+.
Pourquoi avoir décidé de situer ces différents personnages dans un aéroport, en particulier celui de Charles de Gaulle ?
L.P. et Y.D. : Le lieu de transit qu’est l’aéroport nous permettait de rassembler les récits des personnages présentés plus tôt, et d’exprimer leurs interrogations. Car ce qui réunit tous ces protagonistes, qu’ils aient connu ou non l’exil, c’est bien le doute. C’est aussi le silence des histoires familiales, qu’il est important d’exprimer afin de préparer un avenir meilleur. Nous avons créé deux espaces de jeu : l’un en arrière-scène où nous sommes dans l’aéroport, l’autre en avant-scène où les personnages questionnent leurs histoires respectives.
Quels codes de jeu utilisez-vous pour faire vivre ces deux espaces qui coexistent ?
L.P. et Y.D. : Nous adoptons plutôt un jeu naturaliste dans la partie aéroport, et nous autorisons davantage de liberté, d’onirisme dans le deuxième espace. Chaque comédien fait appel aux autres pour reconstituer des morceaux de son histoire, en utilisant les codes du conte, du sketch ou de la poésie, en passant aussi par le chant et la danse. Le montage sonore réalisé par Valériane Dribault, où des archives historiques cohabitent avec des enregistrements d’ambiances. Nous souhaitons que l’histoire franco-algérienne que nous abordons par l’intime puisse faire écho avec d’autres histoires, que tout le monde puisse s’y reconnaître.
Propos recueillis par Anaïs Heluin
à 16h20, relâche les jeudis. Tel : 09 74 74 64 90. Durée : 1h10.
Laure Barida, Sara Charrier, Vinora Epp, Maud [...]
Entre émotion et connaissance, la compagnie [...]
C’est dans le jardin du Théâtre des Halles [...]