« La Mouette express » : La compagnie IVA revisite La Mouette.
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Le corps et l’origami au service d’un conte merveilleux, sublimé par la danse de Jeanne Azoulay et Amine Boussa.
Le spectacle n’a même pas commencé qu’on pourrait se dire « il était une fois », tant la scénographie de Hannah Daugreilh appelle déjà l’imaginaire. Tout commence à l’aube, quand une créature mystérieuse à la voix cristalline vient réveiller l’espace de sa douce lumière. On y découvre, parmi les délicats origamis qui jalonnent la scène, une femme de papier, qui s’étire et s’ébroue, les membres tels des pétales de fleurs ou des ailes de cygne. Elle happe notre regard par sa douceur et ses gestes graciles quand une apparition brutale vient troubler notre contemplation. Exit le calme blanc et la pureté apparente de l’installation ; voici un étrange voyageur qui tranche par son énergie, par ses couleurs, par sa naïveté face à l’univers qu’il découvre. ImagOri repose ainsi sur cette incursion : celle de l’altérité dans un monde qui porte ses propres fragilités, jetant le trouble au risque d’un déséquilibre de l’écosystème. Et c’est la danse qui va brillamment figurer la rencontre entre les deux entités : bien que tous les deux proches du sol, leurs états de corps diffèrent, l’une dans une fluidité très articulaire, l’autre dans une énergie empruntée au hip hop.
Un monde à préserver
Les personnages passent par les différentes étapes de l’expérience de l’altérité : curiosité, méfiance, rejet, qui amènent doucement vers l’apprivoisement mutuel. Jusqu’à vouloir ressembler à l’autre, faire de son corps aussi un corps de papier, s’approprier sa matière et ses états. Mais, quand la créature-voix revient, c’est aussi pour de mauvaises augures. ImagOri nous dit alors, à hauteur de l’émerveillement des enfants, la vulnérabilité des humains et des « autres qu’humains » dans un monde à partager et à préserver. Il nous montre un monde fragile qui peut être anéanti d’un simple souffle, mais aussi la puissance de l’engagement des êtres, pourvu qu’ils ne soient pas seuls. Un spectacle qu’on n’est pas près d’oublier, par sa beauté gestuelle et visuelle, et par les messages qu’il propose.
Nathalie Yokel
à 10h10, relâche les 8 et 15 juillet. Tél. : 04 84 51 09 11. Durée : 35 mn.
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