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Avignon / 2026 - Entretien / Juan Miranda
Adaptation de trois romans autobiographiques de Laura Alcoba, La Maison aux lapins interprétée par Astrid Albiso nous fait voyager entre l’Argentine des années 70 et la France actuelle.
« Avec Caroline Gleize, nous avons monté il y a dix ans la compagnie El Vaïvén (« va-et-vient » en espagnol) afin de développer des liens théâtraux entre la France où nous vivons toutes les deux et l’Argentine dont je suis originaire. Le metteur en scène Juan Miranda, un ami argentin de longue date, nous a rejoints et peu à peu notre horizon artistique s’est ouvert. Nous avons rencontré des artistes issus d’horizons divers : Uruguay, Belgique, Portugal, Lituanie… La Maison aux lapins est d’ailleurs née dans le cadre du projet européen Eclectic of Otherness soutenu par Europe Creative, où nous avons collaboré avec une structure serbe et une croate. Il fallait y créer une pièce sur l’exil et la guerre, aussi Juan m’a fait découvrir l’écriture de Laura Alcoba, en particulier ses trois romans autobiographiques écrits en français et publiés chez Gallimard, Manèges, Le Bleu des abeilles et La danse de l’araignée. Cette œuvre m’a passionnée. Avec Juan et Caroline, nous nous sommes lancés dans l’adaptation, fruit d’un riche échange entre nous trois.
Nous avons privilégié le premier roman, où Laura Alcoba écrit du point de vue de l’enfant de sept ans qu’elle était en 1976 sous la dictature de Videla à Buenos Aires. Son père est engagé dans la lutte des Montoneros, un groupe armé argentin, et lorsqu’il se fait arrêter elle et sa mère doivent vivre dans la clandestinité. Elles s’installent dans une maison surnommée ‘’la maison aux lapins’’, qui sert de cachette pour une imprimerie clandestine des Montoneros. Nous avons aussi condensé les deux autres livres, consacrés à l’exil en France. La jeune fille y apprend le français tout en entretenant une correspondance avec son père toujours en prison. Laura Alcoba raconte tout cela dans une langue simple, dont je souhaite restituer la force. Pour cela je ne cherche pas à incarner un enfant, mais je fais appel à l’enfant que j’ai été pour guider mon jeu. Le dispositif très simple imaginé par Juan Miranda, avec seulement des lumières de chantier pour éclairer la scène, me permet d’être au plus près du spectateur et d’en faire mon partenaire ».
Propos recueillis par Anaïs Heluin
à 12h30, relâche les mercredis. Tel : 04 90 25 58 19. Durée : 1h.
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