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Avignon / 2026 - Entretien / Jeanne Candel
Fruit d’un processus d’écriture collective mené à partir d’improvisations, CAPRA (une chèvre) multiplie les inspirations et décloisonne les disciplines pour partir à la recherche de ce qui fait l’essence de l’art théâtral. Cette création mise en scène par Jeanne Candel, traversée de matières musicales diverses, ouvre librement sur les territoires de l’inconscient et de l’imaginaire.
« Pour écrire ce nouveau spectacle, nous nous sommes toutes et tous replongés dans la matière archaïque des mythes, mais aussi de textes plus récents, comme par exemple L’Art de la Mémoire de l’historienne Frances Yates, afin de produire ce que j’appelle des tragédies portatives (ndlr, Jeanne Candel est accompagnée sur scène de Vladislav Galard, Pauline Huruguen, Sarah Le Picard, Léo-Antonin Lutinier, Laure Mathis, Matthieu Naulleau et Thibault Perriard). Ces bouts de narrations éclatées, composées de motifs dramaturgiques et de matières musicales hétérogènes (ndlr, la direction musicale est assurée par Thibault Perriard), se penchent sur la question des rudiments du théâtre, des choses vraiment irréductibles qui font que le théâtre est le théâtre. Ils visent à retrouver la puissance et la jubilation de cet art par le biais de formes résolument brutes et primitives. Dans le cadre de cette recherche, nous mettons notamment en avant la contagion possible des affects humains sur la machinerie théâtrale.
Dans CAPRA (une chèvre), ces deux territoires s’interpénètrent. Ils entrent en collision : soit en contrepoint, soit en circularité. Ce qui me passionne, dans ce grand laboratoire théâtral et musical, c’est d’essayer d’ouvrir, chez les spectatrices et les spectateurs, un espace en lien à une forme d’inconscient. Cet espace est personnel et intime. Il appartient à chacun et chacune d’entre nous. Pour en ouvrir les portes, il faut permettre un partage de sensibilité sur le plateau, il faut faire naître un univers scénique qui ne soit ni intellectuel, ni théorique, mais associé aux corps, aux émotions, aux pulsions… D’ailleurs, moi-même, en tant que spectatrice, je me rends compte que lorsque je suis vraiment emportée et touchée par une création théâtrale, c’est souvent parce que cette dernière me permet de me connecter à des espaces et des paysages intérieurs, parce qu’elle me relie de façon forte à mon inconscient et mon imaginaire. »
Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat
à 18h, relâche le mercredi. Tél : 04 90 14 14 14. Durée : 1h45.
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