Arnaud Anckaert propose une version truculente du « Songe d’une nuit d’été » qui exalte la puissance de l’imaginaire
Arnaud Anckaert met en scène une version du [...]
Reprise de cette emblématique création du Collectif XY, qui projette son souffle et sa voix vers les métamorphoses du vivant : une captivante échappée vers d’autres devenirs, emplie d’images et d’états de corps, autant en prise avec la nature qu’avec la marche du monde.
La dernière scène du spectacle contient à elle seule, dans sa fugacité et sa beauté, les fondements de la traversée que nous propose Le Pas du Monde. Avant de disparaître au noir – et que l’on mesure a posteriori l’éternité contenue dans ce suspens – une acrobate est soulevée vers le ciel, érigée par une colonne humaine en grande hauteur et étayée par une masse de corps. Tout à la fois ancrés au sol et scellés dans un pacte collectif, ils sont ce tissu inter-relationnel de soutiens sans quoi rien ne peut advenir. Alors, et ensemble, la voici légère comme la cime d’un arbre aux racines apparentes, puissante comme la lave du volcan sur le point de jaillir. C’est ici l’une des nombreuses images-paysages du spectacle, qui s’évanouit en soudain mirage. Avant cela, on aura découvert l’évolution des vingt-deux artistes du Collectif XY dans une proposition qui puise son souffle dans le chant, et s’attache aux formes de vies – minérales, végétales, animales… – comme autant de manières d’être-au-monde. Les corps habitent l’espace dans des cordées qui permettent de se soulever, de gravir, de chuter, formant des tableaux mouvants dignes d’un Géricault. Des compositions en cascades minutieuses qui arrêtent le temps, menant au climax d’une grâce qu’un grondement sourd vient perturber, presque disloquer.
Un renversement des possibles
Les courses reprennent, des murs de corps se forment, des cathédrales s’érigent dans des portés en colonnes à deux et trois corps. Les sauts et voltiges conjuguent la prouesse acrobatique à la recherche de formes nouvelles, le tout dans une attention extrême au toucher et à la déposition des corps. Ce sont des acrobates en alerte que l’on découvre, loin d’un imaginaire lisse, épuré ou uniformisé. Dans un renversement poétique, Atlas devient ici celui que l’on porte sur ses épaules. Mais surtout, c’est dans le devenir-fluide, le devenir-minéral, le devenir-végétal et le devenir-animal qu’ils écrivent une histoire possible. Pourvu que la fragilité forme un rempart au lyrisme, et nous laisse réfléchir à ce (ceux) qui nous étaie, et qui nous tient, ensemble, dans une existence partagée.
Nathalie Yokel
à 22h. Tél : 04 90 14 14 14.
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Dans le cadre du Pavillon de la Région [...]
Créée pour la première fois le 4 novembre [...]