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Guillaume Marquet et Nathalie Sandoz s’emparent de l’immense rock-star Johnny Hallyday dans Je ne suis pas Johnny. Entre fanatisme, éloge et démystification de l’icône, Guillaume Marquet livre un seul-en-scène subtil, réussi et fort bien interprété.
Tout est dit dans le titre : Guillaume Marquet, seul sur scène, n’interprètera pas Johnny Hallyday. Mais un de ses fans, qui assiste au fameux premier Stade de France du chanteur, le 4 septembre 1998. Un concert mythique, annulé à cause de la pluie. Le Monde titrera le surlendemain du show : « La pluie éteint le feu que promettait Johnny Hallyday ». Guillaume Marquet, lui, le rallume. Décortiquant la figure de l’idole et celle de la groupie, de la relation parasociale et du fanatisme, il démystifie l’icône tout en lui rendant hommage. En parallèle de ce fan, les proches d’Hallyday se succèdent : Jean-Claude Camus, Sylvie Vartan, Nathalie Baye, Léon Smet… Ce défilé de personnages incarnés avec sensibilité nous ramène sur terre : Johnny Hallyday, comme toutes les célébrités, est un humain avec ses défauts et ses démons.
« Johnny, c’est quelqu’un qui fait admirer la vue »
Comment expliquer le phénomène Johnny Hallyday à celles et ceux qui ne l’ont pas vécu ? De nombreux ouvrages de Fan Studies interrogent la construction de l’icône et son authenticité, à l’instar du sociologue Christian Le Bart et son essai sur la rock-star de 2018 intitulé Johnny H. La mise en scène de Guillaume Marquet emprunte un chemin voisin. Au travers de cette soirée forte en émotions et rebondissements, il revient sur les moments clefs de la carrière de l’artiste. La barrière qui sépare les fans de leur idole tombe et se redresse, emportant avec elle les désillusions et les espoirs du public. Réaliser une pièce de théâtre autour d’un artiste aussi populaire et adoré est un pari risqué. Il faut réussir à ne pas tomber dans la caricature ou la réplique, ni l’éloge ou l’admonestation. Je ne suis pas Johnny réalise pourtant un bon équilibre, dénonçant les dérives sans les juger.
Siloé Lemaître
à 18h45. Relâche les 9, 16, 23 juillet. Durée : 1h15. Tél. : Tél. 09 74 74 64 90.
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