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Avignon / 2026 - Entretien / Julien Gelas
Julien Gelas adapte et met en scène Carnets d’Ukraine écrit par le réalisateur Michel Hazanavicius suite à son voyage en Ukraine en 2023, à la rencontre de celles et ceux qui se battent pour la liberté.
Vous avez jusque-là adapté de nombreuses œuvres classiques ainsi que des contes, jamais de textes aussi proches de l’actualité que Carnets d’Ukraine. Pourquoi ce choix ?
Julien Gelas : Il est vrai que Carnets d’Ukraine est ma première pièce ancrée dans l’actualité, mais elle ne diffère pas tant que cela de mes mises en scène d’œuvres anciennes car je cherche à y parler au fond de la même chose : la quête de la liberté et de la justice. C’est pour elles que se battent les femmes et les hommes qu’a rencontrés Michel Hazanavicius, avec un courage remarquable dont on ne parle presque pas en France. Avec ses carnets écrits et illustrés de dessins au crayon, le réalisateur français comble ainsi un énorme manque, ce qui m’a beaucoup touché.
Quelle est précisément cette réalité qu’il aborde, par ailleurs quasi-absente des médias et des productions artistiques françaises ?
J.G. : En racontant son voyage, en décrivant ses rencontres avec des soldats ainsi qu’avec des artistes du projet « Les Forces culturelles » qui soutiennent les combattants par la musique, Michel Hazanavicius leur donne déjà une existence concrète qu’ils n’ont pas ailleurs. Ces Carnets nous permettent de comprendre d’une façon très sensible les raisons du déclenchement par la Russie de la guerre en Ukraine.
Par quels moyens cherchez-vous à faire rencontrer au spectateur les personnes qui habitent les Carnets de Michel Hazanavicius ?
J.G. : J’ai réalisé une adaptation importante du texte, celui-ci comptant 240 pages, afin de créer un spectacle d’environ une heure dont j’ai confié l’interprétation à Pierre Deladonchamps. Cet acteur d’une grande sensibilité, que je connaissais par le cinéma et qui souhaitait fortement revenir au théâtre, a été conquis par la dimension très engagée de ce travail. Il incarne Michel Hazanavicius, tandis que sont projetés les dessins de ce dernier grâce à un montage vidéo.
Comme toujours dans votre travail, la musique tient aussi une place majeure dans ce spectacle.
J.G. : En effet, et cela se justifie par le récit, car j’ai centré mon adaptation sur un concert que des artistes vont donner pour des soldats. J’ai composé 80 % de la bande originale pour un piano, et nous entendrons aussi des instruments ukrainiens dont les noms sont donnés dans Carnets d’Ukraine. La musique entrera en résonnance avec l’émotion du narrateur, qui est l’une des raisons principales pour lesquelles j’ai souhaité monter ce texte.
Propos recueillis par Anaïs Heluin
à 16h15, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Tel : 04 90 86 58 11. Durée : 1h10.
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