La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

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NOVART BORDEAUX 2010

NOVART BORDEAUX 2010 - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 novembre 2010

BIENNALE DES ARTS DE LA SCENE – THEATRE, DANSE, MUSIQUE ET INSTALLATIONS –, NOVART BORDEAUX 2010, DONT LA DIRECTION ARTISTIQUE EST CONFIEE A DOMINIQUE PITOISET, PRESENTE DU 10 AU 21 NOVEMBRE DES CREATIONS OU DES PREMIERES FRANÇAISES VENUES DE DIVERS HORIZONS ESTHETIQUES ET PAYS D’EUROPE, QUI CHACUNE ELABORE DE FAÇON SINGULIERE UN REGARD ARTISTIQUE ET CRITIQUE SUR NOTRE MONDE.

Les vingt spectacles programmés, éclectiques et inventifs, combinent radicalité artistique, innovation des formes scéniques, et une certaine impertinence. Tous portent un regard lucide et sans concession sur notre monde qui n’est pas avare de brutalités et sur nos vies chahutées par toutes sortes de problèmes, et nourrissent les spectateurs de leurs questionnements âpres ou poétiques. Dominique Pitoiset décrit la manifestation comme « l’absolu du neuf », « appel, provocation et don intime, geste de générosité et invention imprévisible d’une présence », et souligne par là l’engagement total des créateurs présents. Des artistes venus de Hongrie, Belgique, Suisse, Russie, Canada, Grande-Bretagne côtoient des artistes résidant en Aquitaine, et le temps du festival Bordeaux devient un creuset de créativité artistique et un espace d’échanges et de dialogues, soutenu par de multiples partenaires culturels du réseau local comme du réseau européen. Spectacle inaugural, Fauves de Michel Schweizer, artiste inclassable, caustique et hautement désireux de partager son expérience avec le public, fait vivre les corps en devenir d’adolescents, leur inscription sociale et leur rapport au désir. (Voir entretien) Autre pièce à découvrir qui nous interpelle tous, Plus tard j’ai frémi au léger effet de réverbe sur “I feel like a group of one” (Suite Empire) de Renaud Cojo interroge la communication sur soi générée par les nouvelles technologies et les réseaux sociaux. On peut faire confiance à Renaud Cojo pour disséquer sur scène le vertige de l’identité virtuelle, pour exposer une fragmentation cacophonique de cette identité de plus en plus éparpillée. Comédiens réels et amis du net se croisent et dialoguent…

Archétype mis à nu
 
Dans Hard to be a god, le Hongrois Kornél Mundruczo montre de façon crue et réaliste l’horreur du traffic d’être humains. Edit Kaldor met en scène cinq comédiens chinois dévoilant leur langue et leur parcours. A voir aussi une création du Melkior Théâtre d’Eric Da Silva, et Enfants perdus par la compagnie des Limbes. En danse, Benoît Lachambre explore le corps humain dans sa perméabilité à la mémoire et aux désirs. Thomas Hauert interroge la relation entre liberté individuelle et cohésion sociale. Kris Verdonck met en scène la dialectique entre liberté et contraintes, quatre danseuses sont suspendues à une grande machine et enchaînent solo, duo, trio et pas de quatre. Coraline Lamaison interpelle le public sur le thème du narcissisme, de ses dérives et fantasmes. L’archétype de la femme idéale se met à nu… En musique, les ensembles Proxima Centauri et S:I.C font entendre la musique d’aujourd’hui. A écouter aussi le dandy Arno, le rock fiévreux et sauvage de The Jim Jones Revue, le collectif Yes Igor et ses exercices de play-back, la folk pop bohème de PacoVolume. Des installations du collectif Ferraille Productions, de Cécile Léna et de Kris Verdonck sont aussi à découvrir. Une manifestation foisonnante, en prise directe avec notre monde, prouvant que les arts vivants savent s’emparer des caractéristiques, contradictions et dérives de notre monde avec une évidente pertinence artistique.

Agnès Santi


Novart Bordeaux 2010, du 10 au 21 novembre 2010, dans une dizaine de lieux différents.

A propos de l'événement


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