La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -182-bordeaux

MICHEL SCHWEIZER

MICHEL SCHWEIZER - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 novembre 2010

NOTRE SOCIETE A-T-ELLE DOMPTE LA JEUNESSE ?

DEROUTANT LES FRONTIERES DE GENRES TOUT COMME LES ASSIGNATIONS DISCIPLINAIRES, MICHEL SCHWEIZER ŒUVRE DEPUIS DES ANNEES AUX MARGES TROUBLES DE LA SOCIETE ET DU SPECTACLE. DANS FAUVES, IL EXPLORE LE MONDE DES ADOLESCENTS DANS UNE COMEDIE MUSICALE… PAS BANALE.

« Trouver une nouvelle organisation du vivant sur scène qui déjoue les attentes préconçues. » Michel Schweizer
 
Vous développez des processus de création qui sortent des schémas habituels de la production spectaculaire. Qu’est-ce qui vous a mené à cette démarche ?
Michel Schweizer : J’ai essayé auparavant de m’inscrire dans les modes conventionnels de création, avec des professionnels. Humainement et artistiquement, ce travail ne me satisfaisait pas. Je me suis alors affranchi de ce qui m’encombrait, notamment l’inscription obligée dans des champs disciplinaires reconnus, et j’ai reconfiguré ma démarche pour trouver une nouvelle organisation du vivant sur scène qui déjoue les attentes préconçues. J’ai alors commencé à rencontrer des personnes qui ont un goût pour l’exhibition à travers des savoir-faire sans rapport ou peu avec une pratique artistique.
 
Qu’est-ce qui vous intéresse dans le « monde » des jeunes que vous explorez ici ?
M. S. : J’aime convoquer des présences qui me posent question, aller vers des univers que je connais mal pour tenter d’en saisir les composantes. J’ai abordé le monde adolescent depuis ma place d’homme mature, d’artiste, de géniteur, avec aussi mes a priori. Au printemps dernier, j’ai passé une annonce pour un casting à Paris et Bordeaux pour créer une sorte de comédie musicale. J’ai choisi dix jeunes de 16 à 18 ans, autant pour leurs qualités artistiques que pour leur désir de se lancer dans cette expérience et leurs questionnements sur le monde.
 
Comment avez-vous travaillé avec eux ?
M. S. : Nous partageons d’abord une aventure humaine. Je fais le pari de les laisser au plus près de ce qu’ils sont, car dès qu’ils se mettent en scène, ils se dénaturent, ils se dévitalisent. Ils « jouent » dans un spectacle mais j’essaie qu’ils restent vrais et leur laisse des espaces libres dans une partition par ailleurs très écrite. Ils sont confrontés à une rumeur du monde et un environnement politique que j’amène et qui les obligent à réagir en direct. Ce dispositif est une manière de comprendre leur niveau de conscience sur leur place dans la société, de voir si et comment ils sont neutralisés par le marché, les représentations dominantes, voire devenus des fauves inoffensifs…

Entretien réalisé par Gwénola David


Fauves, conception de Michel Schweizer. Du 10 au 13 novembre 2010, mercredi à 19h, jeudi 21h, vendredi 18h et samedi 21h. Dans le cadre de Novart Bordeaux 2010.


 

Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, Square jean Vauthier à Bordeaux. Tél. 05 56 33 36 80.

A propos de l'événement


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