« Maria », les mystères de la cartomancie mis en scène par Gaëlle Hermant
Dans le cadre du Pavillon de la Région [...]
Le clown comme médium pour montrer l’immontrable, et comme outil de sensibilité poétique : c’est cela que Les Beaux Draps cherche et trouve. La clowne Prohöck Niak, interprétée par Maly Chhum, traverse en accéléré les âges de la vie d’une femme, en recevant chaque nouvelle métamorphose avec candeur et étonnement.
Les Beaux Draps est né d’un solo plus court, qui n’en forme plus qu’une étape. Il s’agissait, alors, de confronter la protagoniste à l’apparition des règles, de voir ce que cet événement naturel, intime, faisait à la clowne en la traversant et en se manifestant hors de son corps. De regarder les menstrues bien en face, avec toute l’innocence mais aussi avec toute la sauvagerie du clown. De là est venue l’envie de dérouler le fil d’une vie entière : de la naissance à la mort, comment notre corps est-il perpétuellement en transformation, comment nous amène-t-il à être différemment au monde et à nous-mêmes ? Même si le personnage est de genre féminin, et traverse des bouleversements comme la grossesse, cette expérience du changement intime est commune à l’ensemble de l’humanité.
Une clowne sensible qui tient l’équilibre entre le rire et le vertige
« Il y a un échange continu entre notre monde intérieur et le monde extérieur, le dedans et le dehors », confie Maly Chhum à propos des Beaux Draps. En tous cas, il y a un échange entre cette clowne, puissamment traversée par ses émotions, et le public qui assiste au tourbillon vertigineux qui l’entraîne de découverte en découverte. Le style est celui du clown habité, viscéral, totalement naïf mais aussi totalement sans filtres. De ce fait, si le rire est de la partie, il ne constitue pas l’unique émotion ici : il y a aussi des moments de saisissement, ou d’empathie, ou encore de reconnexion au vivant en nous. « Une des tâches du clown, c’est de parler des tabous, en les faisant poèmes », dit encore Maly Chhum. Elle arrive, par la métaphore, à faire exactement cela. Elle livre là une jolie invitation à habiter pleinement son corps, et à se réconcilier avec ce qui le traverse.
Mathieu Dochtermann
à 16h30, relâche le mercredi. Tél. : 04 84 51 09 11. Durée : 1h. Spectacle vu au festival d’Aurillac.
Dans le cadre du Pavillon de la Région [...]
Après Lalalangue et Le Grand Jour, Frédérique [...]
Duo autofictionnel, Fouiller, bercer, pompier [...]