La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -174-mc93

LA FLUTE ENCHANTEE

LA FLUTE ENCHANTEE - Critique sortie Théâtre

OPERA COSMOPOLITE

MARIO TRONCO, FONDATEUR DE L’ORCHESTRA DI PIAZZA VITTORIO, RASSEMBLANT A ROME DES MUSICIENS DE TOUS HORIZONS, REINVENTE UNE FLUTE ENCHANTEE REMARQUABLEMENT FESTIVE ET POPULAIRE.

Voilà un spectacle en forme de fête musicale et chantée, populaire, joyeuse, incroyablement réussie. Une fête qui en célébrant l’universalité si nuancée de la musique et le pouvoir fédérateur de l’art vivant rend ridicules les replis identitaires frileux, les peurs diffuses de l’étranger, les chauvinismes de tout poil et les attendus artistiques convenus. Une fête qui rassemble des musiciens de toutes latitudes et longitudes, de Cuba au Mali, de la Hongrie à l’Equateur, de l’Argentine à la Tunisie, de l’Italie aux Etats-Unis, etc ! L’Orchestra di Piazza Vittorio est basé à Rome, et existe grâce à la volonté, au talent et au travail conjugués de ses participants, des atouts remarquablement efficaces qui ne doivent rien à une politique culturelle berlusconienne naufragée. Lors de la création du spectacle en juin 2009, Mario Tronco confiait : « L’idée de La Flûte enchantée est venue de Daniele Abbado, fils du célèbre chef d’orchestre Claudio. La particularité du spectacle, c’est d’imaginer les personnages de La Flûte dans la peau des musiciens de l’Orchestra di Piazza Vittorio. Nous avons imaginé que La Flûte était un opéra qui voyageait à travers les pays des musiciens – en Afrique, au Brésil, en Inde… – , non comme un opéra écrit mais comme un opéra oral. Lorsque quelque chose passe de bouche à oreille, il se transforme, et nous avons donné corps et voix à ces transformations. L’orchestre est donc orchestre et personnages. »
Unité quasi miraculeuse

Les parties les plus chantantes ont été privilégiées. Et les airs acquièrent ainsi une sorte de saveur populaire comme s’ils s’échappaient des pays d’origine des musiciens, faisant émerger une unité quasi miraculeuse qui évite les pièges du folklore comme ceux de la juxtaposition. Solo de tablâ de l’Inde, mélodie chantée au Oud, chant des violons, son d’une kora africaine… s’immiscent naturellement dans la partition. Comme si une transmission orale nourrie de mémoire et d’histoires avait plus ou moins subrepticement remodelé les airs, non pas pour souligner leur virtuosité ou leur inventivité, mais bien pour exalter la féerie et l’onirisme de la fable. Papageno est un griot du Sénégal, le prince Tamino un percussionniste cubain, Pamina, Anglaise et folk singer, Sarastro est équatorien et joue de la flûte des Andes. Quant à la Reine de la nuit, l’Italienne Petra Magoni, phénomène vocal, lui donne vie avec souveraineté. La Flûte est l’un des opéras les plus joués au monde, mais vous l’entendrez là comme jamais !

Agnès Santi


La Flûte enchantée, d’après Mozart, par l’Orchestra di Piazza Vittorio, direction artistique Mario Tronco, les 29 et 30 janvier à 21h et le 31 à 15h30.

A propos de l'événement



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