« Perpetuum Havel / Antiwords », Petr Boháč et Miřenka Čechová adaptent deux pièces de Václav Havel
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Andréa Bescond a adapté Antigone de Jean Anouilh en un seule en scène militant et contemporain, où Déborah Moreau incarne avec brio les différentes voix de la tragédie antique.
Le texte, rien que le texte – ou presque. Tel est le pari d’Andréa Bescond dans sa réduction pour un seule en scène de la tragédie Antigone, dans laquelle Jean Anouilh a, au XXème siècle, revisité le mythe grec. Sur un plateau dépouillé, habillé d’un simple banc, et de lumières tantôt spectrales, tantôt rouge sang pour baigner l’oppression du pouvoir, Déborah fait entendre la rébellion de la fille d’Oedipe face à l’édit de Créon. Celui-ci interdit toute sépulture à Polynice, qui, dans une lutte à mort, disputait le trône à son frère Etéocle, figure officielle de l’autorité monarchique, à laquelle ont été données des funérailles officielles. Mais de l’arrière-plan politique, Andréa Bescond retient essentiellement l’arbitraire de la légitimité patriarcale, avec laquelle s’accommode Ismène, et face à laquelle sa sœur cadette, Antigone, refuse de renoncer à s’opposer, fût-ce au prix de sa vie.
Une galerie de caractérisations vocales stéréotypées et une interprétation maîtrisée
Faisant, au-delà de l’esthétique avec pulsation sonore électro, résonner de manière contemporaine l’héritage antique, l’adaptation d’Andréa Bescond traite cette personnalité sans compromission en porte-étendard de la lutte des femmes pour leur émancipation. C’est d’ailleurs à ce personnage qu’elle confie le timbre le plus naturel de Déborah Moreau, comme un foyer de sincérité profonde autour duquel gravitent les postures soumises aux raisons politiques, militaires, ou mêmes économiques. La tessiture plus haute des interventions d’Ismène traduit sa docilité, face aux effets gutturaux de l’autorité d’un Créon qui n’hésite pas à abuser des jeunes pages, partageant avec Laïos des penchants pédophiles, et ne laisse fissurer son stéréotype patriarcal que face à la mort de son fils Hémon, qui s’est sacrifié au côté de son amante Antigone. Les accents contrefaits du soldat de garde offrent une autre carte postale psychologique dans ce seule en scène qui se referme sur un énergique numéro chorégraphique, comme une expression communicative d’une vitalité militante.
Gilles Charlassier
à 12 heures, relâche les 6, 13 et 20 juillet. Tél. : 04 90 86 74 87. Durée : 1h25.
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