« La Breva » de Dafne Bianchi et Anaïs Mauri, réminiscences sur les rives du Lac de Côme
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Après avoir exploré un tango à trois et cinq corps avec Last Birds et Tres Son Multitud, Ariane Liautaud revient à la forme originelle et essentielle de cette danse : le duo.
Dans [4] saisons, A.D.T. Company explore l’intimité d’un couple en traversant les métamorphoses d’une relation. Ariane Liautaud s’empare des codes du tango argentin pour en proposer une lecture contemporaine, débarrassée de ses clichés mais nourrie de ses tensions essentielles : le coup de foudre, la jalousie, les malentendus, la rupture, la réconciliation. Le tango devient ici un langage pour dire ce qui se joue entre deux êtres lorsqu’ils tentent, obstinément, de se rejoindre. La pièce se déploie en quatre tableaux, comme autant de climats affectifs. Le couple n’est jamais figé : il avance, recule, se cherche, se perd, se retrouve. Chaque danse semble répondre à une double question silencieuse : comment suivre l’évolution de l’autre sans se trahir soi-même ? Et comment faire évoluer le tango sans le dévoyer ? Portés par les éclats des Quatre Saisons de Vivaldi, A stor Piazzolla, et un design sonore original, Ariane Liautaud et Karim El Toukhi traversent des états contrastés : séduction, défi, abandon, solitude. Leurs ralentis, leur façon d’introduire délicatement d’autres techniques dans leur gestuelle ajoutent à cette chorégraphie ancrée malgré tout dans cette danse sociale.
Danser à deux.
Leurs mouvements, tantôt serrés, tantôt ouverts, dessinent une géographie sensible où la féminité et la masculinité se redéfinissent au fil des saisons. On regrettera d’ailleurs que certaines scènes en restent un peu au premier degré dans ces rapports femme/homme. Les duos qui se succèdent raconte les multiples facettes d’une seule et même relation, observée à travers ses éclats, ses maladresses, ses élans de tendresse. Liautaud joue de ces micro‑événements : une main qui hésite, un pas qui dévie, un regard qui s’attarde, des expressions qui font sourire, pour faire surgir une poésie discrète, parfois teintée d’humour, toujours attentive à la fragilité des corps. [4] saisons devient alors un portrait d’amour en mouvement, où la virtuosité du tango sert moins à briller qu’à révéler ce qui, dans la relation, demeure vulnérable et profondément humain.
Agnès Izrine
à 20h. Relâche les les 6, 13, 20 juillet. Tél. : 04 90 86 01 27. Durée : 40 min.
Ègalement : le 27 juillet à la Salle Pôle Phoenix de Ploemeur-Bodou, le 29 septembre à la Médiathèque Jean-Ferrat de Sauveterre, le 7 novembre au Théâtre du Rond-point de Valréas.
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