« Magnéééétique Face A et Face B » d’Amélie Poirier, un double spectacle de danse et de théâtre d’objet qui explore la mémoire, le traumatisme, la vulnérabilité….
Magnéééétique est décliné en deux formes, [...]
Avignon / 2026 - Entretien / Christophe Lidon
Alfred Hitchcock, le scénariste J.P. Allen et la comédienne Tippi Hedren. Dans Hitchcock et Mary Rose, l’auteur Michael Sadler réunit ces trois personnalités et nous plonge dans les méandres d’une relation de possession artistique. Un spectacle interprété par Marjorie Frantz, Mélanie Page et Éric Prat, sous la direction du metteur en scène Christophe Lidon.
Quelle est l’origine de votre envie de mettre en scène Hitchcock & Mary Rose ?
Christophe Lidon : Il y a d’abord une fascination pour Hitchcock. Non pas tant le maître du suspense que l’homme blessé, l’enfant catholique terrorisé, devenu cinéaste de l’angoisse, qui a passé sa vie à façonner des femmes blondes pour mieux les soumettre à son regard. Et puis, il y a Mary Rose, cette pièce de J. M. Barrie que Hitchcock a rêvé d’adapter pendant trente ans sans jamais y parvenir. C’est ce projet impossible, ce fantôme dans son œuvre, qui m’a intéressé. Hitchcock et Mary Rose met en lumière le moment où un cinéaste tout-puissant se heurte à ce qu’il ne peut pas posséder. Ici, à la fois une œuvre et une femme.
Que se joue-t-il exactement dans cette pièce entre Alfred Hitchcock et l’actrice des Oiseaux, Tippi Hedren ?
C.L. : Un rapport de force, une tentative d’emprise et la résistance d’une femme. Hitchcock voit en elle la créature idéale, celle qu’il pourrait modeler de A à Z : sa voix, sa démarche, ses robes, jusqu’à l’intime. Mais Tippi n’est pas une matière inerte. Sous l’apparence de la jeune femme docile, il y a une volonté qui ne plie pas. Ce qui se joue entre eux, c’est cette lutte sourde où l’artiste confond la création et la possession. L’actrice doit alors choisir entre disparaître dans le rêve d’un autre ou s’arracher à lui, au prix de sa carrière. Hitchcock et Mary Rose, c’est une histoire de Pygmalion qui tourne mal.
Quelles sont les grandes lignes de votre travail de mise en scène ?
C.L. : Un dispositif très épuré, presque mental, comme un plateau de cinéma : un fauteuil, un bureau, quelques accessoires hitchcockiens qui surgissent comme des réminiscences : l’oiseau, l’escalier. Je travaille beaucoup avec la lumière, qui sculpte les visages comme dans les noirs et blancs des années soixante — la création lumière est de Cyril Manetta — et avec le son — la création sonore est de Cyril Giroux. L’idée est que le spectateur assiste à la fois à un tournage, à un rêve éveillé et à un règlement de comptes intime.
Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat
à 16h20, relâche le mercredi. Tél. : 04 88 60 72 20 ou 09 87 78 05 58. Durée : 1h20.
Magnéééétique est décliné en deux formes, [...]
Entre poésie absurde et musette [...]
Le Jardin de la Vierge est devenu le lieu le [...]