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Dans Le Silence de Claire Lagrange, Céline Delbecq utilise le théâtre d’objet pour venir questionner un sujet sensible, celui de la psyché humaine, de la façon dont elle peut vaciller, et surtout de la manière dont l’entourage et le reste de la société traitent ce qui est considéré comme un problème.
Claire Lagrange est au centre de cette histoire, ou, plus exactement, son silence. La jeune femme, naguère vivante, bavarde, pleine de projets, s’est tue. Ce mutisme est celui de la camisole chimique, pas celui de Claire : parce que sa santé mentale a flanché, elle a été placée en institution et lourdement médicamentée. Autour d’elle, les autres protagonistes tentent de la déchiffrer, ou de se déchiffrer eux-mêmes. On sent que, au dedans et au dehors de la clinique, tout le monde est comme au bord d’une faille béante. Sur scène, Isabelle Darras et Louison De Leu (en alternance) accompagnent Céline Delbecq pour donner vie à cette histoire abordée avec beaucoup de respect et de sensibilité. Pour compenser la faible taille des jouets manipulés, la vidéo est utilisée.
Derrière le Playmobil, une philosophie de l’attention aux autres
Le Silence de Claire Lagrange est sous-tendu par une dimension critique, qui donne toute sa valeur au jeu au travers de l’objet. En effet, la pièce s’intéresse fondamentalement à la façon dont les sociétés occidentales et autres ne laissent aucune place au soin et à la relation à l’autre, nourrissante et désintéressée. Dans cette vision de notre monde social, nous ne sommes que des objets sans affects, des ressources fongibles, dépourvues de ce qui fonde réellement notre humanité. Avec son univers de Playmobil, Céline Delbecq met le doigt exactement sur cette faille. Une façon de nous faire réagir, et de nous inviter, justement, à ne plus ignorer les souffrances des êtres qui nous entourent.
Mathieu Dochtermann
à 12h30. Relâche le mercredi. Tél. : 04 90 14 07 99. Durée : 1h15.
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