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L’autrice, metteure en scène et performeuse brésilienne Carolina Bianchi crée au Festival d’Avignon le troisième chapitre de sa Trilogia Cadela Força. Elle y joue aussi à deux reprises l’intégralité de ce marathon théâtral.
En juillet 2023, Carolina Bianchi faisait sensation au Festival d’Avignon avec Chapter I : A Noiva e o Boa Noite Cinderela (« Chapitre I – La Mariée et Bonne nuit Cendrillon ») qu’elle créait alors pour l’occasion. Dans cette première partie de sa Trilogia Cadela Força (« Trilogie des Chiennes »), l’artiste brésilienne installée en Europe depuis 2020 abordait avec sa compagnie Cara de Cavalo un sujet des plus sensibles : les violences sexuelles. Rejouant un viol qu’elle a subi une dizaine d’années plus tôt, elle ingérait sur scène du GHB, la drogue du violeur aussi appelée « Bonne nuit Cendrillon ». L’exposé qu’elle présentait alors sur l’histoire de la performance féminine et ses relations à la violence masculine, détaillant le cas de l’Italienne Pippa Bacca assassinée en 2008 dans le cadre de sa performance itinérante pour laquelle elle s’était habillée en robe de mariée, s’arrêtait et laissait place à un rituel de vie et de mort. A suivi Chapter II – The Brotherhood, où il est question de la solidarité masculine qui permet les viols et autres attaques faites aux femmes et assure l’impunité des agresseurs. Ce chemin que Carolina Bianchi décrit comme un « voyage aux enfers » se poursuit avec une nouvelle partie créée cette année au Festival d’Avignon, Uma Luz Cordial.
Écrire depuis la confusion
Dans le troisième chapitre de Trilogia Cadela Força, dont elle dit ne pas savoir à ce jour si une quatrième partie ne viendra pas faire exploser le cadre théâtral qu’elle a elle-même bâti, Carolina Bianchi interroge son geste d’écriture. Si celui-ci est intiment lié à une confusion des sens et de l’esprit dans le premier chapitre de la trilogie, est-ce à dire qu’il débouche sur la mort ? Ou faut-il espérer une lumière au bout du chemin, comme semble le laisser entrevoir le titre du troisième volet ? En immergeant son public dans son acte de création, brouillant les frontières entre théâtre et littérature autant qu’entre vie et mort, la Brésilienne et son équipe de Cara de Cavalo dessinent un espace commun entre sexualité et écriture. Laquelle n’est peut-être après tout qu’une façon d’habiter l’enfer dans lequel Carolina Bianchi fait séjourner le théâtre afin de voir ce qu’il en restera.
Anaïs Heluin
Chapitre 3 :
Uma Luz Cordial, du 4 au 6 juillet à 17h, le 7 juillet à 17h et 22h.
Trilogia Cadela Força 1, 2 et 3, les 12 et 13 juillet à 14h.
Tel : 04 90 14 14 14. Durée : 2h30, intégrale : 10h.
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