Les Vagabonds adapte le chef d’œuvre de Boulgakov « Le Maître et Marguerite » grâce à un théâtre du chaos et du merveilleux
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Show vitaminé aux allures de cabaret queer, Quand on dort on n’a pas faim explore la difficulté à se sortir d’un référentiel blanc, hétéro et cisgenre. Un spectacle de fond et de forme.
« Quand on dort on n’a pas faim » répétait sa mère à Anthony pour calmer son appétit au moment d’aller se coucher. Alors Anthony a ravalé ses envies, est rentré dans le rang, dans une filière traditionnelle d’excellence. Hypokhâgne au lycée Henry IV à Paris, la crème de la crème de l’élitisme scolaire à la française. Mais quand on vient de banlieue, qu’on est noir et gay, l’intégration dans ce milieu ne coule pas de source. Dans ce qu’il nomme un « conte médiéval afro-queer », Anthony Martine retraverse à un rythme effréné, dans une esthétique de cabaret – chaussures à talons, boule à facette, lèvres rouges sur blackface façon Banania et autre couleurs flashy dans des décors de château ultra-kitsch –, ces années au cours desquelles il va bifurquer.
De Peau d’âne à Grindr
Son problème : ses modèles sont cisgenres, hétéros et blancs. Comme tous ceux qui peuplent les contes pour enfants. Ils ne sont jamais noirs ou non binaires. En mode parodie, avec quelques figures fantasmées comme un double de Fanny Ardant, sautant de Peau d’âne à Grindr en passant par Lady Gaga et Claude Nougaro, Anthony Martine fait le show et raconte. Puis, dans une deuxième partie, avec sa sœur Mérèndys, il analyse, via une émission de radio qui traite du racisme systémique et de la quête de la reconnaissance blanche. Un spectacle aussi déjanté que politique.
Eric Demey
à 17h45, relâche les 9 et 16. Tel : 04 90 85 12 71. Durée : 1h30.
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