Avec « Bâtir », Salim Djaferi explore les liens entre urbanisme et colonialisme
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Aurélie Audax adapte la farce politique de Marcus Malte Aux marges du palais, Resserrant l’histoire pour six comédiens, la pièce fait sourdre le rire et la révolte dans une ambiance parodiant polar et télé-réalité d’enquêtes.
La satire politique n’est pas morte. Si certains, comme Patrick Rambaud, affûtent leur plume à l’armorial saint-simonien pour brocarder les dérives et travers monarchistes de nos élus républicains, d’autres s’abreuvent à une faconde plus rabelaisienne. Marcus Malte et son roman Aux marges du palais est de ceux-là. Sous le gouvernement de l’archimaréchal Herbert Robert Dupont de Bavoire, PDG de la nation manipulé par son chambellan Gabriel Pipaudi, le pays imaginaire de la République Médiocratique de la Frzangzwe, le fossé entre nantis et pauvres ne cesse de se creuser, et sous la férule d’une baronne revancharde, ces derniers projettent de prendre la Grande Tour F le premier mai, afin de renverser ce régime de plus en plus inégalitaire – toute allusion aux Gilets Jaunes ne saurait être totalement fortuite. La fuite d’Aneth, la fille du monarque, la veille de ses seize ans, en compagnie de sa nourrice et camériste Chantal, va faire entrer en collision l’intimité de la cour et la marche d’une politique menacée par les dérives autoritaires, avec leur lot de bavures militaires et policières.
Entre parabole et fantaisie burlesque
Du roman foisonnant de Marcus Malte, Aurélie Audax tire une adaptation resserrée pour six comédiens qui, dans une habile scénographie avec changements à vue et versatilité de costumes et d’intonations, endossent tour à tour les personnages et instances narratives de l’histoire. Cette solide complicité de troupe fait ressortir la virtuose volubilité d’un texte naviguant entre chronique et farce, entre parabole du réel et burlesque fantaisiste, avec des noms qui, dans la veine de ce registre comique, sont en eux-mêmes tout un programme. Brouillant les pistes des correspondances avec l’actualité, ce rire engagé, parfois appuyé, n’en possède pas moins une coloration politique relativement identifiable. Quant à la musique de Fred Parker, elle distille une atmosphère de polar qui rappelle les série télévisées de reconstitutions de faits divers un brin voyeuristes, et accentue l’ironie gourmande du spectacle.
Gilles Charlassier
à 14h50, relâche les 7, 14 et 21 juillet. Tél. : 04 84 51 07 48. Durée : 1h30.
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