« 1 Degree Celsius » de la chorégraphe Sung Im Her, une interrogation inquiète sur la marche du monde
Un petit degré et la marche du monde est [...]
Le conte de Charles Perrault rencontre les pires affaires criminelles franco-belges des années 1990. Avec Poucet, Victor Pestanes propose une expérience époustouflante pour le public : entre violence, beauté et nouveauté.
« Mais si l’un d’eux est faible ou ne dit mot ; on le méprise, on le raille, on le pille ; quelquefois cependant c’est ce petit marmot ; qui fera le bonheur de toute la famille.». Telle est la morale du Petit Poucet de Charles Perrault. Victor Pestanes s’inspire du conte pour en proposer sa version à lui, dans un « thriller documentaire » brillant d’inventivité et d’une grande maîtrise de son sujet. Son Petit Poucet à lui n’a aucune idée de ce qui va lui arriver. Le matin même de la représentation, le collectif Plato recrute son rôle principal dans les rues d’Avignon. Quelqu’un qui n’a jamais fait de théâtre, et qui joue le jeu sans savoir ce qui va lui arriver. Avec pour seule indication un couteau qu’il peut utiliser pour tuer n’importe quel personnage sur scène. La pièce peut ainsi prendre une multitude de tournures différentes.
Un conte violent aux relents d’horreur
Dans Poucet, on plonge dans les méandres de l’horreur humaine sans même frôler le pathos. Cinq actes, telle une série criminelle, qui revient sur les plus grosses affaires criminelles franco-belges des années 1990 : Marc Dutroux, Omar Raddad, ou encore Michel Nihoul, comparé à l’ogre du Petit Poucet. Poucet, lui, erre durant une nuit à travers ces histoires, prenant parfois une tournure de cabaret, de comédie dramatique, jusqu’au drame absolu. Dans des décors magnifiquement fantaisistes et chargés, les costumes et les lumières sont changés à vue du public, dans une cadence aussi effrénée qu’hypnotisante. Les dix membres du collectif sont tous saisissants. Ni romantisée, ni voyeuriste, la violence est montrée telle qu’elle est dans la réalité, au service de la mémoire collective. Le drame se situe dans la véracité des faits, glaçants. Victor Pestanes propose ici une pièce spectaculairement documentée et très bien écrite, qui ne laisse pas indifférent. Son Poucet ne fera pas le bonheur de sa famille, parce que la réalité est bien plus cruelle que le conte.
Siloé Lemaitre
à 20h40. Relâche les jeudis. Tél. 09 74 74 64 90. Durée : 2h.
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Guillaume Barbot accompagne le chanteur et [...]
Mis en scène par Antoine Colnot et Anne [...]