Le tgSTAN présente « 1,2,3 Poquelin » à la Carrière Boulbon : une fête jubilatoire
Invités pour la première fois au Festival [...]
Pour sa nouvelle pièce créée en décembre dernier, Martin Harriague s’empare des Créatures de Prométhée, seule partition de ballet de Ludwig van Beethoven ici agrémentée des compositions de Fabien Cali, et revisite avec virtuosité le mythe du titan qui déroba le feu aux dieux pour le transmettre aux êtres humains.
Le lever de rideau découvre un simple décor blanc, tapis de sol et muret, dans lequel se tiennent trois chariots dont deux qui laissent deviner des formes humaines, et des danseurs vêtus de combinaisons de la même couleur immaculée qui commencent à se mouvoir avec lenteur. Sommes-nous dans un hôpital en temps de covid ou d’Ebola ? Quelque part sur la lune ? Non. Cette ambiance chirurgicale est celle du laboratoire de Prométhée qui ne va pas tarder à donner vie à ses créatures. Une fois les corps inertes vêtus de sous-vêtements chair révélés, celui d’un homme et d’une femme, le titan et son double opèrent et les animent dans une chorégraphie épatante et millimétrée.
De créateur à créature
La multiplication des créatures, le vol du feu, le supplice de Prométhée condamné par des dieux vengeurs à voir éternellement son foie dévoré par un aigle, se déploient alors en différents tableaux qui mêlent les époques et font preuve d’une écriture chorégraphique tourbillonnante, alerte, sophistiquée et d’une grande musicalité. La scène dans laquelle des silhouettes de profil se détachent en ombre chinoise et nous montre Zeus et ses compères brandissant qui un éclair, qui un arc, qui une lance nous ramène à l’antiquité et est d’une beauté plastique limpide ; celle où des visiteurs curieux admirent le feu, objet du délit, dans un musée est pleine d’humour et nous propulse dans la modernité. Les temps se brouillent aussi lorsque, finalement, ce sont les créatures qui érigent Prométhée en statue, un juste retour des choses puisque pour Martin Harriague, le feu volé ne symbolise rien d’autre que la culture et la connaissance. Avec cette pièce dont le Ballet de l’Opéra Grand Avignon s’empare avec talent, le chorégraphe nous montre une fois encore qu’il sera un digne successeur de Thierry Malandain au Ballet de Biarritz.
Delphine Baffour
à 18h30. Relâche le 20 juillet. Tél. 04 65 00 00 90. Durée : 1h.
Également le 13 septembre au Temps d’aimer la danse, Biarritz, les 15 et 16 septembre aux Espaces Pluriels, Pau, le 13 novembre à Boulogne Billancourt, le 15 et 21 novembre à Soustons, le 17 novembre à Saint Germain en Laye, le 19 novembre à Arcachon, les 18 et 19 décembre à l’Opéra Grand Avignon avec L’orchestre National Avignon Provence.
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