« Cinq jours au soleil » ou comment Emanuel Gat entre en dialogue avec les cinq mouvements de la Cinquième Symphonie de Mahler
Grand fidèle de Montpellier Danse, Emanuel [...]
Alors qu’il fête ses 30 ans de carrière avec une toute nouvelle équipe de danseurs, Emanuel Gat s’empare de La Symphonie n°5 de Mahler et crée le splendide Cinq jours au soleil.
Se confronter à La Symphonie n°5 de Gustave Mahler, lorsqu’on est chorégraphe, est un pari audacieux. Écrite par le compositeur entre le moment où il vivait une expérience de mort imminente due à une hémorragie intestinale et celui où il rencontrait Alma Schindler, son grand amour, cette partition qui oscille entre drame et félicité, sombre mélancolie et fol espoir, est fort chargée émotionnellement et multiplie les climax. Mais fine oreille – n’oublions pas qu’il étudia la musique avant de se consacrer à la danse – et maître de la composition, Emanuel Gat nous prouve avec Cinq jours au soleil qu’il a la maturité et le talent nécessaires pour relever le défi avec brio.
Une partition remarquablement musicale
Cinq jours au soleil donc, comme autant de mouvements symphoniques et autant de tableaux, tous séparés par un baisser de rideau. Cinq jours au soleil pour dissiper la brume et aller vers la clarté. D’abord nimbés de longues et superbes robes qui flottent autour d’eux dans une atmosphère sombre et brumeuse, danseurs et danseuses apparaissent un à un, forment un duo à distance en esquissant quelques gestes avant de s’évanouir dans le fond de la scène. Lorsqu’ils apparaissent enfin tous, ils évoluent par grappes qui se resserrent et se disloquent et duos toujours soudés par le regard, multiplient les marches et les courses, roulent à terre et s’envolent, répondent aux embardées de Mahler par de jubilatoires explosions de mouvements ou en ralentissant le rythme dans une partition chorégraphique à la musicalité remarquable. Alors qu’ils arborent maintenant des vêtements simples et colorés puis plus tard des sous-vêtements ou maillots de bain, ils multiplient les solos, comme si Emanuel Gat nous présentait un à un sa nouvelle troupe de danseurs épatants. Les lumières changeantes et inventives, signées elles aussi par le chorégraphe, sont comme la danse au diapason de la symphonie. Un tonnerre d’applaudissements et une standing ovation mérités saluent ce travail d’orfèvre.
Delphine Baffour
Tournée pour la saison 2026/27 : le 9 octobre au Théâtre des Salins, Martigues, le 5 décembre au Festival de Danse de Cannes, le 20 février au Festival Les Hivernales, Avignon, du 10 au 12 juin à l’Opéra de Lille. Spectacle vu au Corum – Opéra Berlioz dans le cadre du festival Montpellier Danse.
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Le Centre de Développement Chorégraphique [...]