La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Entretien / Dalila Belaza

« Un peu pour mon cœur… », nouvelle création signée Dalila Belaza

« Un peu pour mon cœur… », nouvelle création signée Dalila Belaza - Critique sortie Danse Paris Théâtre national de Chaillot
Crédit : Vincent Mcclure Dalila Belaza crée Un peu pour Mon cœur… au Festival d’Automne

Théâtre National de Chaillot / Théâtre Louis Aragon
Chorégraphique Dalila Belaza

Publié le 24 septembre 2026 - N° 347

La danse comme musique qui se fait entendre : dans cette nouvelle création de groupe signée par Dalila Belaza, danse et chant se rejoignent.

Ce projet réunit voix et gestes, à travers des traditions orales. Quel a été le processus et le corpus qui vous a nourrie ?

Dalila Belaza : J’ai eu un long processus de rencontres, notamment avec des chanteurs et des chanteuses. In fine, ce sont deux chanteuses qui sont présentes au plateau avec les danseurs : l’une vient du chant baroque, l’autre plutôt du chant classique, mais pas seulement. On a essayé de naviguer en dehors de leurs sentiers connus, de visiter ensemble différentes sources et surtout de rester au contact de ma vision des choses et de mon travail musical. L’idée était de ne pas se resserrer autour d’un corpus, d’une culture. Ça aurait été un écueil pour moi, et je ne voulais pas non plus que ça fasse catalogue. J’y suis allée avec mon intuition. On traverse différentes choses : il y a du chant arabe, des chants bulgare, latin, anglais… Chaque chant raconte une histoire différente. Et, durant la pièce, il y a toujours ce fil, qui est la question du rythme. Tout cela crée une orchestration assez complexe, dans laquelle j’introduis les voix. Je vise à recréer une forme d’unisson entre le chant, le corps, l’abandon.

« Je vise à recréer une forme d’unisson entre le chant, le corps, l’abandon. »

Justement, comment passe-t-on de ce chant au corps ? Et qu’en est-il de cette notion de rituel qui revient souvent dans votre travail ?

D.B. : Je suis vraiment partie du postulat que, pour moi, la danse est de la musique qui se fait entendre. La voix est ce qui anime le corps, parce que ce n’est pas le corps en soi qui m’intéresse. Cette matière-là, pour moi, c’est celle qui produit le récit, celle qui produit le voyage, et c’est celle qui traverse toutes les formes de présence au plateau. Et sans vouloir en faire un chœur ou quoi que ce soit, c’est comme si je disais aux danseurs : on va sonoriser ce qui se passe au-dedans. Et puis pour les chanteuses, c’est pareil, je les ai aussi fait travailler dans le sens d’une présence qui englobe le corps et au-delà du corps. Je pense que ça fait partie du désir d’un récit commun. Chacun porte ce récit-là en soi, et se sent, quelque part, saisi par un vide immense et infini. C’est alors que ça crée du commun, une forme de cérémonie, sans même qu’on ait besoin de le souligner. C’est dans ce sens-là que ça me parle : la pièce devient le véhicule d’une histoire qui vient de loin, dans le temps et dans l’espace, et qui se projette bien plus loin que nous.

 

Entretien réalisé par Nathalie Yokel

A propos de l'événement

Un peu pour mon cœur…
du mercredi 25 novembre 2026 au samedi 28 novembre 2026
Théâtre national de Chaillot
1 place du Trocadéro, 75016 Paris

Du 25 au 27 novembre à 19h30, le 28 à 15h et 19h30.

Tél. : 01 53 65 30 00.

Théâtre Louis Aragon, 24 boulevard de l’Hôtel-de-Ville, 93290 Tremblay-en-France. Le 11 décembre à 20h30.

Tél. 0149 63 70 58.

Dans le cadre du Festival d’Automne à Paris.

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