« Chorégraphie d’État » par la chorégraphe et performeuse libanaise Tania El Khoury
Chaillot accueille la chorégraphe et [...]
Le festival de danse de L’Onde est en grande forme pour accueillir des compagnies phares de la danse contemporaine, dans un répertoire de haute volée, à côté de propositions plus jeunes mais non moins audacieuses.
Attention, chefs-d’œuvre : ce n’est pas pour rien si ces deux pièces ont traversé les années 80 et atterri dans notre siècle avec la même force et la même nécessité. Wim Vandekeybus ouvre cette 11e édition d’Immersion Danse avec la recréation de sa pièce la plus emblématique, qui a propulsé la danse flamande au sommet. What the body does not remember présente une physicalité exacerbée, des corps-à-corps puissants dans une mécanique bien réglée servie par dix danseurs. La musique de Thierry De Mey et Peter Vermeersch a largement contribué au succès populaire de ce grand spectacle, et ce sont eux que l’on retrouve également dans le cultissisme Rosas danst Rosas d’Anne Teresa de Keersmaeker. Ce quatuor n’a jamais cessé de faire grand bruit depuis sa création en 1983, jusqu’à sa reprise et sa démultiplication à l’envi sur la scène de Chaillot aujourd’hui, en passant par son plagiat par Beyonce dans son clip Countdown en 2011. Impossible de faire l’impasse sur cette œuvre qui n’a pas pris une ride, qui éclaire la démarche d’une artiste qui a su développer une écriture pendant quarante ans sans relâche.
5 soirées, 9 spectacles dont 4 créations
Issu de la même génération, Josef Nadj est aussi à l’affiche du festival, cette fois dans sa toute dernière création, Dialogues dans le rêve. Un duo avec Ivan Fatjo, fidèle à ce corps marionnettique et poétique qui cultive l’étrangeté qui fait son charme depuis les premiers jours. Très attendue, la nouvelle création d’Olivier Dubois est une grande forme pour quinze danseurs et danseuses sur la musique de Steve Reich, Come Out, qui donne son titre à la pièce. Phénoménal dans ses propres solos, il excelle aussi dans la mise en scène des corps mus par une énergie sauvage, collective, que la scansion répétitive du compositeur américain viendra sublimer. Côté découvertes, le festival nous donne des nouvelles de Cassiel Gaube, qui poursuit avec Moteur son travail de déconstruction de la house dance, et nous offre le travail de coopération entre la compagnie Labotilar et la compagnie Eleina D., pour une passerelle entre la France et l’Italie intitulée Phobos, en partenariat avec le festival Danse Dense qui promeut et soutient l’émergence chorégraphique.
Nathalie Yokel
Tél. : 01 78 74 38 60.
Chaillot accueille la chorégraphe et [...]