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Jazz / Musiques - Gros Plan

Troisième édition du Sacré Sound Festival, bienfaisant rendez-vous du printemps parisien

Troisième édition du Sacré Sound Festival, bienfaisant rendez-vous du printemps parisien - Critique sortie Jazz / Musiques Paris
Sylvain et François Rabbath, la conjonction des générations. © Aurore Baldy

Paris

Publié le 21 avril 2026 - N° 343

La troisième édition de ce bienfaisant rendez-vous du printemps parisien devrait consacrer la réussite de ses paris esthétiques, au-delà des histoires de chapelles.

« Au départ, ce n’était qu’un rêve : imaginer une rencontre musicale audacieuse entre les croyances, les musiques sacrées et les sons actuels. Puis cette idée est devenue réalité avec les cinq premiers concerts inédits, inspirés par la fusion des genres et portés par l’ambition de rapprocher des publics qui se croisent rarement. » C’est ainsi que tout a commencé pour Laurence Haziza. La directrice du festival entendait « faire place à la célébration de la diversité et de l’unité ». Cette volonté œcuménique a d’emblée rencontré un succès public, renvoyant aux identités plurielles de ceux et celles qui peuplent Paris et ses alentours, « cosmopolites et métissés », mus par « un besoin accru d’aller à contre-courant de ce que l’on peut lire ou entendre ». Pareille ambition se traduit de nouveau dans la programmation de cette édition, qui met en avant « des artistes portant des univers musicaux radicalement différents. Jazz, arabo-électro, gospel, musiques du monde, spectacle immersif… J’ai eu à cœur de continuer l’exploration autour du bassin méditerranéen, avec des sonorités venues de Syrie, du Yémen, d’Irak, d’Israël et de Palestine, d’Algérie et du Maroc aussi. »

Des lieux et des musiques comme célébration rassembleuse

Juste diapason, la première soirée sera placée sous le signe du double héritage : François Rabbath, émérite contrebassiste – écoutez donc The Sound Of Bass, daté de 1963 – retrouvera son fils, le pianiste Sylvain Rabbath, pour prolonger sur scène le disque qu’ils ont récemment cosigné. Ils seront suivis du duo Shiran et Bakal qui célèbre leurs racines à travers Electro Baghdad. Une belle mise en bouche, qui plus est dans la cadre tout à fait approprié du couvent des Récollets. Le lendemain, place à la réunion d’artistes activistes israéliens et palestiniens, Ripples Collective, qui entend bien proposer une vision du futur, entre danse et performance, en interrogeant la mémoire du passé. Ce sera au Consulat, un nom tout à fait approprié. Le 28 mai, à la synagogue Copernic, la Franco-Iranienne Ariana Vafadari proposera une ode à la liberté, avec à ses côtés notamment le formidable Rusan Filiztek aux saz et luth. Le 3 juin, après avoir écouté la veille l’éthio-jazz de The Addis Ken Project, le clarinettiste Yom fêtera la sortie de Cosmogonia, un recueil basé sur la respiration circulaire, au temple du Foyer de l’âme, tandis que non loin, au Café de la danse, le Ima-Yemma Orchestra, qui décline la figure de la mère en hébreu et en arabe, propose le 4 juin de mixer la soul yiddish, le groove du chaâbi et autres tourneries en mode gnaoua. Et pour finir, le 5 juin, le Thanda Choir fera raisonner la puissance du gospel en version sud-africaine au cœur de l’église Saint-Eustache. Ite misa est.

Jacques Denis

A propos de l'événement

Sacré Sound Festival
du jeudi 28 mai 2026 au vendredi 5 juin 2026


https://www.sacresoundfestival.com

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