« Le Cheval qui peint » ou le cheval artiste qui en dit long sur l’Homme par Sarah André, Marius Schaffter et Jérôme Stünzi
Dans Le Cheval qui peint, les trois membres [...]
Après L’Affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche et Milady fondée sur le texte contemporain de Margaux Wicart, La Compagnie Les Modits réinvestit le répertoire classique avec Le Barbier de Séville. Justine Vultaggio nous en livre une version savoureuse, portée par le jeu virevoltant des comédiens. Un pur moment de théâtre, à ne pas manquer !
Au XVIIIe siècle, fut créée l’emblématique comédie de Beaumarchais, première d’un ensemble de trois pièces qui vit naître le célèbre valet Figaro. Depuis, Le Barbier de Séville fut adapté à de nombreuses reprises et c’est avec brio que Justine Vultaggio s’en empare ici, avec cinq excellents comédiens. L’histoire est connue : Séville, début du XIXe siècle, le comte Almaviva (Victor O’Byrne) tombe amoureux de Rosine (Laura Marin), une jeune fille orpheline et retenue captive par son tuteur, le docteur Bartholo (Mickaël Giorno-Cohen) qui a pour projet de l’épouser, épaulé par le cupide maître de musique Basile (Alexis Rocamora). Le comte décide alors, aidé de son ancien valet (Arthur Guezennec), de la délivrer des griffes de son tyran. Dans un décor coloré, ponctué d’intermèdes musicaux en hommage à Rossini, les protagonistes sont incarnés pleinement, avec une énergie débordante, communicative. Ode à la liberté, au courage, critique d’une époque où la valeur de l’individu est conditionnée à son rang de naissance, la metteuse en scène et les siens embrassent toutes les facettes de l’œuvre de Beaumarchais et nous immergent dans un moment théâtral délicieux.
Le rire, surtout
Sous nos yeux s’ensuivent stratagèmes, traits d’esprit et facéties, dans un rythme endiablé, les comédiens habitant leurs personnages, « tour à tour passionnés, amoureux, fous, névrosés, apeurés et aveuglés », et laissant pleinement se déployer le comique de la pièce. Parce que si l’œuvre questionne son époque et laisse à voir des personnages profonds, modernes, révoltés – tant Rosine qui souhaite s’extirper de son tragique destin que le comte qui aspire à être aimé pour lui-même ou, évidemment, que le formidable Figaro dont la ruse triomphera des privilèges de Bartholo –, Le Barbier de Séville est avant tout une comédie devant laquelle on rit, beaucoup. L’audace de l’incarnation totale des interprètes porte la pièce, on en sort le sourire aux lèvres.
Hanna Abitbol
à 11h45, relâche les 9, 16 et 23 juillet. Tel : 04 32 76 02 79. Durée : 1h20. Spectacle vu au Lucernaire à Paris.
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