Charles et Lucy, deux misfits paumés, tentent, dans le pub tenu par l’un et fréquentée par l’autre, de trouver un sens à leurs vies brisées. Mais un appui n’empêche pas forcément de choir…
Joe Penhall appartient à la nouvelle génération de dramaturges anglais qui savent, à l’instar du maître Pinter, décortiquer l’âme humaine et faire surgir la profondeur du malaise existentiel sous l’apparence légèreté des dialogues. Pale Horse offre, à travers la rencontre entre Charles, patron de bar qui vient de perdre sa femme et se débat avec les démons de la culpabilité, et Lucy, jeune naufragée venue s’échouer à son comptoir, une vision des incertitudes instables de la société moderne et du décalage creusé entre une normalité discutable et une marge de plus en plus mouvante. Evitant le naturalisme plat qui rendrait l’anecdote creuse comme le didactisme analytique qui rendrait le propos sentencieux, Joe Penhall parvient à une forme d’universalité psychologique et sociologique qui dresse le portrait de la société occidentale moderne en ses errements et ses doutes. Thierry Lavat s’empare de cette partition au déséquilibre en syncope et confie à Jauris Casanova et Isabelle Jeanbrau le soin d’incarner ces deux désaxés.
Catherine Robert
Pale Horse, de Joe Penhall ; mise en scène de Thierry Lavat. Du 11 mars au 26 avril 2008. Du mardi au samedi à 21h ; relâche les 18 et 19 mars. Sudden Théâtre, 14bis, rue Sainte Isaure, 75018 Paris. Réservations au 01 42 62 35 00.