« La Promesse de l’Aube » de Romain Gary, mis en scène par Tigran Mekhitarian, un hommage à l’amour infini d’une mère
Après s’être attaqué à l’œuvre de Molière, le [...]
Avignon / 2026 - Entretien / Muriel Imbach
À partir des paroles d’enfants, la metteuse en scène Muriel Imbach propose une réflexion joyeuse autour de la famille, trouvant son essence dans la capacité à accueillir, accepter et adopter autrui.
Ce hérisson paradoxal est-il le frère du porc-épic de Schopenhauer ?
Muriel Imbach : Oui, mais j’ai préféré revisiter son paradoxe avec un hérisson ! Il y a deux parties dans ce titre. D’abord le « nous » : c’est qui, nous, quand on dit « nous » ? Quant au paradoxe, il s’inspire en effet de celui que formule Schopenhauer. Dans un groupe, une famille de hérissons, les individus ont des difficultés à trouver la bonne distance entre eux : trop loin, ils ont froid, trop près, ils se blessent. Il en est de même entre les êtres humains, et particulièrement avec les personnes avec lesquelles nous sommes en famille.
Quel protocole de création suivez-vous ?
M.I. : Après avoir trouvé le thème, je vais en discuter dans les écoles, les centres aérés, voire à l’hôpital, avec les enfants. Nous faisons des ateliers à visée philosophique. Pour ce spectacle : à Montreuil, Genève, Vevey, Bourg-en-Bresse. J’enregistre et je retranscris leurs réflexions pour servir de matériau au spectacle. Entre 8 et 10 ans, la question de la famille est centrale : commencent à poindre la remise en question des règles qu’elle impose et l’envie de s’en éloigner, assortie du besoin qu’on en a. Il y a un hiatus entre ce que vivent les enfants en réalité et leur conception nucléaire et hétéronormée de la famille. Les imaginaires qui leur sont proposés manquent souvent de montrer des modèles hétérodoxes et inspirants. Rares sont les enfants obtus : leur pensée est toujours prête à s’ouvrir et à rebondir. Il est toujours nourrissant et joyeux de discuter avec eux. Après ce recueil, j’établis une cartographie sensible avec des îlots thématiques, et nous tissons ensemble, avec mon équipe, entremêlant ce que j’écris et les improvisations au plateau.
Quel est le message de cette pièce ?
M.I. : Plus qu’à délivrer un message, je cherche à poser des questions. Me guide cette phrase de Marie-José Mondzain : « Qu’est-ce qui m’arrive quand tout autre arrive ? ». Quid de la rencontre, du lien ? Dans le spectacle, cinq personnes encordées voient arriver une sixième qui oblige à questionner le fonctionnement de la cordée. La famille, la familiarité sont toujours remises en jeu et en mouvement par l’arrivée des autres. Contrairement à Schopenhauer, j’aime l’idée de fonctionner à plusieurs ! Faire famille me semble important, mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix.
Propos recueillis par Catherine Robert
Le 6 à 17h ; le 7 à 11h ; du 8 au 12 à 11h et 17h ; relâche le 9 juillet. Tél. : 04 90 14 14 14. Durée : 1h. À partir de 7 ans
Après s’être attaqué à l’œuvre de Molière, le [...]
Après Lalalangue et Le Grand Jour, Frédérique [...]
Avec Paëlla, le Mustang Collectif propose un [...]