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Parcours d’un jeune homme issu de [...]
Après Lalalangue et Le Grand Jour, Frédérique Voruz présente Chimère, un récit intime et universel sur le désir d’enfant inassouvi et le long parcours pour y arriver. Sous la forme d’un conte poétique, nourri par sa propre expérience, sa dernière création embarque le spectateur dans une épopée drôle et émouvante, à ne pas manquer !
Au commencement, un désir : « Souillon, que veux-tu ? (…) Un enfant. Je veux un enfant. Tout ce que je veux c’est un enfant ». C’est ainsi que s’ouvre la pièce de Frédérique Voruz qui raconte l’histoire de Stella et Neven (excellents Rafaela Jirkovsky et Yuriy Zavalnyouk) qui rêvent de devenir parents sans y parvenir et empruntent alors le chemin de la PMA. Ce parcours, Frédérique Voruz l’a expérimenté dans sa chair et c’est avec une grande justesse qu’elle aborde ce sujet, livrant un objet théâtral multiple qui oscille de la fantaisie du conte à la retranscription brute des épreuves de nos protagonistes – la douleur des protocoles, l’impression d’être défaillante de Stella, l’attente des résultats, l’espoir déçu. Ainsi Chimère use de nombreux procédés narratifs et scénographiques pour embrasser pleinement son récit et mettre en exergue sa dimension sensorielle. Au centre de la scène un cercle est dessiné en écho au ventre maternel et au cycle de la vie ; tout du long un délicat jeu de lumière et une musique envoûtante portent les étapes qui jalonnent la quête du couple. L’humour également est omniprésent comme pour adoucir la peine de la traversée – notamment via les savoureux personnages de la bonne fée et du médecin hauts en couleur incarnés par Frédérique Voruz.
Résonance universelle
Telle une poupée russe, Chimère nous immerge dans des bouts de vie, des mondes intérieurs qui s’emboîtent les uns aux autres. Celui de Stella déjà dont la conscience et les doutes nous sont révélés par le biais du médecin qui se transforme et l’apostrophe. La cellule du couple aussi qui vacille et se renforce au gré des protocoles. Ou encore la perception du compagnon qui lui aussi rêve d’être père et cherche sa place face à la douleur de l’autre. Est introduit le concept de microchimérisme par les Professeurs Albert (Eliot Maurel et Salomé Diénis-Meulien) qui apparaissent au fil de la pièce pour nous présenter ce phénomène fascinant : durant la grossesse, des échanges cellulaires ont lieu entre la mère et son fœtus qui perdureront après la naissance, laissant durablement une trace chez l’un et l’autre, entre les générations passées et futures. Finalement, comme un miroir perpétuel tendu au spectateur, Frédérique Voruz livre un conte universel qui fait écho à nos propres récits de désir, d’espoir et de transformation, jusqu’à dépasser l’histoire intime pour toucher aux mouvements du cosmos.
Hanna Abitbol
à 14h ; relâche les mercredis 8, 15 et 22 juillet. Tél : 04 32 76 24 51. Durée : 1h35.
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