« L’Intraitable Beauté du monde », Etienne Minoungou ouvre un dialogue entre les textes d’Edouard Glissant et Sony Labou Tansi et le public
Le comédien et conteur Etienne Minoungou [...]
Martin Kindermans décortique l’affaire des enfants volés en Argentine pendant la dictature de 1976 dans Mécanique d’une famille. L’occasion d’aborder les rouages de la famille et ses problématiques, dans une mise en scène poignante et réussie.
En Argentine, les Grands-mères de la place de Mai cherchent toujours leurs petits-enfants volés par les militaires argentins durant la dictature de 1976 à 1983. Les opposants politiques de Jorge Rafael Videla étaient déportés dans des prisons, torturés et tués, et les nouveau-nés étaient récupérés par des familles de militaires. On en dénombre près de 500 au total. C’est à partir de cet évènement de l’histoire argentine que prend racine le délicat Mécanique d’une famille, écrit et mis en scène par Martin Kindermans. Constanza – Valentine Daruty – et Soledad – Marion de Schrooder –, deux sœurs, se retrouvent dans un appartement de Buenos Aires après dix ans sans se voir. La première y est de passage pour une conférence de recherche, la seconde y vit depuis dix ans, après avoir appris qu’elle fait partie de ces enfants argentins volés. En parallèle, l’histoire de ses parents biologiques, Carmen et Rafael – Thomas de Fouchécour – se joue à une époque marquante de l’histoire de l’Argentine. Trois comédiens pour une multitude de personnages qui s’enchaînent avec fluidité, toujours dans une agréable justesse et pudeur.
Devoir de mémoire, réflexion sur la famille
Dans cet appartement formé d’un bar et de grandes baies vitrées, les époques et les histoires vont et viennent dans de gracieux jeux d’ambiance, entre les dures retrouvailles des deux sœurs en profond désaccord – dont les deux points de vue se défendent –, et la mémoire d’une génération traumatisée par ce régime militaire totalitaire. On se laisse emporter dans l’intimité de cette famille complexe, dont les parents sont les bourreaux de leurs filles. Soledad les renie et rompt le lien familial, Constanza cherche à les comprendre et subit le départ de sa sœur. Entre le thriller, l’enquête journalistique, le drame familial et romantique, Mécanique d’une famille tient en haleine jusqu’au dénouement inattendu et fort bien amené. Une plongée émouvante dans ce qui fait la famille et la parentalité, ancrée dans un devoir de mémoire né d’un traumatisme encore non cicatrisé.
Siloé Lemaître
À 17h35. Relâche les jeudis 9, 16 et 23 juillet. Durée : 1h10. Tél. : 04 88 61 17 75.
Le comédien et conteur Etienne Minoungou [...]
Waiting for Audience est un spectacle de [...]