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Mêlant avec délicatesse le singulier et [...]
Avignon / 2026 - Entretien / Léo Cohen-Paperman
Dans sa série Huit rois consacrés aux présidents de la Vème République, Léo Cohen-Paperman réunit avec Sarkhollande (comédie identitaire) deux figures politiques bien plus semblables qu’on ne pourrait le croire. Explications.
Pourquoi avoir réuni Nicolas Sarkozy et François Hollande dans un même spectacle ?
Léo Cohen-Paperman : Pour des raisons historiques tout d’abord, car ce sont deux présidents non réélus. Mais aussi parce qu’au-delà de leur rivalité, ils se ressemblent. Leurs quinquennats ont été traversés par les attentats et les questions identitaires à travers lesquels ils se sont définis. Ils ont lancé des opérations militaires extérieures, leurs affres sentimentaux ont été exposés. Et je pense surtout que ce sont deux présidents qui, chacun à leur manière, ont désacralisé la fonction et ne resteront pas dans l’inconscient politique français.
Après avoir traité de figures du passé, qu’est-ce que la proximité dans le temps de ces deux présidences change à votre travail ?
L.C.P : C’est une grande problématique. Quand on a créé le spectacle, Sarkozy venait d’être incarcéré et Hollande faisait dédicacer son livre au marché d’à côté. Cette proximité dans le temps change la réception. Ce ne sont pas comme les précédents présidents des figures vintage avec lesquelles nous avons maintenant une relation apaisée.
Comment s’organisera alors cette suite de deux portraits ?
L.C.P. : Tout d’abord, Sarkozy fait un stand-up en bord de scène. Son but est de nous faire rire pour qu’on le réélise. Il revendique ainsi un humour de droite, qui reste à définir, tout en retraversant des épisodes de son quinquennat. Puis le clown de François Hollande le chasse de scène pour raconter son quinquennat à partir d’un humour de gauche, annonce-t-il. Dans cette partie se dessine aussi une figure marquée par l’échec.
Chaque épisode tentait de mener le portrait à partir d’une famille française, est-ce que ce sera encore le cas ?
L.C.P. : Absolument. Comme pour les épisodes précédents, il nous paraît important, à mon coauteur Julien et moi, que la vision des figures politiques s’effectue à partir du peuple. Dans une troisième partie, Leïla Marabet, fille d’immigrés algériens, monte sur scène. Son intervention permet notamment de traverser les questions d’identité qui ont marqué cette période. Nous cherchons à avoir un accès sensible à ces présidents, à raconter leur lien profond et contradictoire avec les Français. C’est ce qui donne du sens à cette série.
Propos recueillis par Éric Demey
à 10h, relâche les vendredis. www.Theatredutrainbleu.fr
Durée : 1h40.
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