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Après une adaptation des Misérables en 2024, Jean Bellorini poursuit sa collaboration avec l’équipe chinoise de Yang Hua Theatre pour Le Petit Prince. Entre musique et théâtre, deux cultures se rencontrent en profondeur.
Pourquoi avoir souhaité poursuivre votre expérience en Chine avec le Yang Hua Theatre ?
Jean Bellorini : Mettre en scène les artistes du Yang Hua Theatre a été pour moi une chose passionnante, et j’ai voulu aller plus loin dans cette aventure. Les Misérables était le fruit d’une commande que l’on m’a faite, et j’avais le désir de réaliser un véritable échange culturel. Le choix du Petit Prince vient ainsi aussi bien de moi que des artistes chinois de la distribution. Ce livre écrit par Antoine de Saint-Exupéry en 1943, alors qu’il est en exil en Amérique, est très aimé en Chine. Aussi il en existe des centaines de traductions en mandarin.
Comment s’exprime l’échange dont vous parlez en termes de distribution ? Et comment chacun s’est-il impliqué dans la création ?
J.B. : Contrairement à mes habitudes, je ne suis pas venu en Chine avec ma collaboratrice artistique mais avec le compositeur et pianiste génial Clément Griffault ainsi qu’avec le comédien François Deblock avec qui je travaille de longue date. Eux et les interprètes chinois ont largement participé à la construction du spectacle, notamment à sa partie musicale qui est très importante. Avec la pianiste et accordéoniste Chen Minhua qui était déjà présente dans Les Misérables, trois chanteurs très célèbres en Chine sont au plateau : le chanteur de folk et écrivain Zhong Lifeng, la jeune musicienne et autrice-compositrice Liu Fanqing et Xiaoliu, actrice et chanteuse de mandopop.
« Les émotions, les rires rassemblent artistes français et chinois d’une façon très naturelle. »
Le Petit Prince est quant à lui interprété par un petit garçon chinois. Comment ces artistes de cultures différentes dialoguent-ils au plateau ?
J.B. : La traduction a été importante, et dans chaque pays où l’on joue les parties non compréhensibles par le public sont surtitrées. Nous avons apporté à cela un grand soin, en invitant la calligraphie chinoise au plateau. Le théâtre est un lieu de rencontre formidable : les émotions, les rires rassemblent artistes français et chinois d’une façon très naturelle. En cela nous sommes en résonance parfaite avec le texte, qui célèbre l’amour et l’amitié à un moment où le monde s’effondre.
Afin d’exprimer cette union dans l’amitié interculturelle, vous avez notamment ajouté un personnage de vieux poète. Quelles autres libertés avez-vous prises avec l’œuvre originale ?
J.B. : Avec ce personnage supplémentaire, nous voulions donner à sentir les parallèles qui existent entre la pensée de Saint-Exupéry à l’œuvre dans Le Petit Prince et la poésie Tang du 8ème siècle, âge d’or de cette discipline en Chine. Par ailleurs nous n’avons pas gardé l’intégralité du texte mais environ les deux-tiers, en le déstructurant légèrement afin de mettre en avant la question qui nous importe en travaillant aujourd’hui sur cette matière formidable : en quoi la sensation dépasse-t-elle le sensé ?
Propos recueillis par Anaïs Heluin
le 30 mai à 18h30, le 31 à 16h et du 2 au 6 juin à 20h. Tel : 04 78 03 30 00. Durée : 2h.
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