« Une chose vraie », une autofiction poignante écrite et mise en scène par Romain Gneouchev :
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Dans Notre Humble Avis, Igor Mendjisky fait appel au masque pour mettre en scène une émission de radio où la critique artistique est portée par des amateurs. Au programme, des œuvres qui ont en leur temps divisé la presse.
Avec Notre Humble Avis, vous revenez au masque que vous n’aviez plus pratiqué depuis votre première création, Masques et Nez (2004). Pourquoi y revenir plus de quinze ans après, avec ce spectacle sur la critique ?
Igor Mendjisky : J’aime profondément le masque, que je n’ai jamais quitté car je l’enseigne depuis une dizaine d’années en écoles nationales. Trois d’entre les sept comédiens au plateau sont d’ailleurs mes anciens élèves. Je crois qu’en créant de nouveau une pièce de masques – comme dans mon premier spectacle, ils sont fabriqués par Étienne Champion, qui sculpte aussi des masques pour le CNSAD -, j’ai surtout eu l’envie de raconter les gens.
Ces gens dont vous parlez sont dans votre pièce sont un ancien physicien passionné d’art à la retraite, un professeur d’EPS photographe amateur, un vendeur de vélos qui possède une vaste collection de films en DVD… Pourquoi avoir choisi de faire pratiquer la critique à ces personnes dont ce n’est pas le métier ?
I.M. : Depuis que je fais du théâtre, j’ai toujours été très atteint par les critiques sur mes spectacles. Un mauvais papier me met dans un état de souffrance que j’ai du mal à m’expliquer, sachant qu’il n’est que le reflet de la pensée d’une personne. Alors que j’ai pu être davantage indifférent à des réactions de spectateurs, qui sont pourtant ceux pour qui un artiste crée… En choisissant pour protagonistes des personnes dont la critique n’est pas le métier, je souhaitais interroger profondément cette pratique et la hiérarchie qui la place au sommet de toutes les paroles que suscite une œuvre.
« Nous assistons à l’apprentissage de la critique par un groupe, qui réalise la complexité de cette pratique. »
Dans quel cadre vos personnages exercent-ils la critique, et sur quels objets ?
I.M. : Ils participent à une émission dirigée par l’ancien physicien sur une radio amateure. Très différentes les unes des autres, ces personnes ont en commun un profond amour de l’art. Elles sont très heureuses de se retrouver chaque semaine, ce qui n’empêche pas certaines tensions. Nous assistons à l’enregistrement d’une émission où sont abordés trois œuvres et courants artistiques qui ont divisé la critique : Madame Bovary de Flaubert, Le Grand Bleu de Luc Besson et le Pop Art. Pendant l’émission dont j’incarne le producteur depuis la salle, nous assistons à l’apprentissage de la critique par un groupe, qui réalise la complexité de cette pratique.
Masque et pensée sont-ils aisément compatibles ?
I.M. : Le mariage n’est pas évident, d’autant plus que je souhaitais développer une pensée très précise sur chacun de nos trois objets artistiques et sur la critique elle-même. Ce pour quoi je me suis nourri de la pensée de Roland Barthes, Pierre Bourdieu ou encore Oscar Wilde. Je me suis pour cela largement basé sur les artistes, à partir d’improvisations. Avec ce travail, j’espère pouvoir parler des mystères de l’art à travers la critique.
Propos recueillis par Anaïs Heluin
Tel : 01 53 05 19 19. Durée : 1h15.
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