La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Le Mal court

Le Mal court - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre de Poche-Montparnasse
Crédit Photo : Brigitte Enguerand Légende : Julie Delarme dans Le Mal court.

Théâtre de Poche-Montparnasse / de Jacques Audiberti / mes Stéphanie Tesson

Publié le 25 janvier 2013 - N° 206

Pour la réouverture du Théâtre de Poche-Montparnasse, Stéphanie Tesson présente Le Mal court de Jacques Audiberti. A la tête d’une troupe de huit comédiens, la metteure en scène mène tambour battant cette fantaisie satirique opposant la pureté au monde de la corruption.

Lauréat du Concours des jeunes compagnies théâtrales en 1947, Le Mal court (mis en scène par Georges Vitaly avec, dans le rôle d’Alarica, la jeune Suzanne Flon) a été repris, au lendemain de sa création, au Théâtre de Poche. C’est dans ce même théâtre – lieu historique de l’avant-garde dramatique inauguré, en 1943, par trois créations de Jean Vilar, et aujourd’hui repris, après une année de travaux, par les metteures en scène Stéphanie Tesson et Charlotte Rondelez – que la pièce de Jacques Audiberti (1899-1965) voit de nouveau le jour. Une pièce exubérante, satirique, à travers laquelle le dramaturge déploie une langue pleine de panache et de fantaisie. Le rideau s’ouvre sur un XVIIIème siècle de pacotille. Une jeune princesse, Alarica de Courtelande, est en route vers le royaume d’Occident, pays dont elle doit épouser le souverain. Cette jeune femme innocente ne se doute pas encore qu’elle est sur le point de perdre ses illusions. Victime d’une intrigue politique qui met un terme à la vie qui devait être la sienne, elle découvre la réalité d’un monde fait de bassesses et de trahisons.

Entrain et générosité

Un monde au sein duquel le mal court. Court sans s’arrêter. Réalisant que la pureté ne peut rien contre la corruption, Alarica décide de prendre elle-même part à cette course folle. Elle choisit d’aller dans le sens du mal, de participer à sa circulation. Devenue dure et sans scrupule, la princesse part à l’assaut du pouvoir. Les huit comédiens réunis par Stéphanie Tesson (Antony Cochin, Julie Delarme, Jean-Paul Farré, Josiane Lévêque, Marcel Maréchal, Mathias Maréchal, Didier Sauvegrain et Emmanuel Suarez) donnent corps à cette farce avec entrain et générosité. Grimés et costumés comme des personnages de conte, ils se lancent sans chichi dans l’univers à la théâtralité exacerbée conçu par la nouvelle codirectrice du Théâtre de Poche-Montparnasse. Cette forme d’exaltation paraît tout d’abord un peu raide, comme un peu forcée. Mais au fur et à mesure de la représentation, elle s’affine, gagne en charme et en efficacité. On se met ainsi à rire de bon cœur aux saillies et aux péripéties de tous ces personnages. On se met à rire et on (re)découvre l’éclat patiné d’un théâtre vif, inventif, malicieux.

Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Le Mal court
du Mardi 15 janvier 2013 au Dimanche 26 mai 2019
Théâtre de Poche-Montparnasse
75 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris.
A partir du 15 janvier 2013. Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h. Tél. : 01 45 44 50 21. www.theatredepoche-montparnasse.com. Durée : 1h40.
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