« Champollion – Égypte mon amour » : Joëlle Fossier Auguste met le père de l’égyptologie sous le feu des projecteurs
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Au sein d’une représentation-kaléidoscope nourrie de nombreuses mises en abyme, l’auteur-metteur en scène et comédien Simon Falguières exalte les mondes de la littérature et du théâtre. Une proposition ambitieuse qui, en dépit de quelques longueurs, impose la force de son imaginaire.
Sur un lit d’hôpital, K, un auteur sur le point de mourir, est en train de finaliser son dernier livre. Ce texte jette une lumière noire sur un monde onirique dominé par un tyran vivant dans un château mystérieux. Un monde complexe et foisonnant au sein duquel une sœur et son frère jumeau s’opposent, la première symbolisant la rébellion au despote qui les asservit, le second la soumission. Et puis, une poétesse est arrêtée, des incendies ravagent une maison et une tente dans laquelle s’est joué Le Roi Lear, des autrices prennent la plume écrivant elles-mêmes des livres reproduisant cette même histoire, ces mêmes personnages… Dans Le Livre de K*, tout n’est que successions de mises en abymes et de jeux de miroirs. Que retenir de ce tourbillon d’existences en clair-obscur qui, grâce à un procédé d’enchâssement, place K face à l’univers littéraire auquel il donne naissance ? La force d’un imaginaire et d’un amour du théâtre qui emportent tout sur leur passage — y compris les quelques réserves que peuvent susciter les irrégularités de jeu et les longueurs de ce spectacle-kaléidoscope.
L’écriture comme résistance à la tyrannie
Car après un début de représentation qui se cherche, Le Livre de K* (texte édité chez Actes-Sud Papiers) nous gagne à la cause de son lyrisme et de ses visions poétiques. Paradoxalement, c’est lorsque les nombreuses strates de ce mille-feuille narratif commencent à s’amonceler, à se chevaucher, dépassant dans les grandes largeurs le destin propre de K, que l’évidence se fait. Ici, la clarté naît de la richesse des images, des métaphores, des références, de l’accumulation des motifs qui célèbrent la puissance sauvage de la littérature. Bien sûr, dans l’ombre de cette ode à l’écriture comme acte de résistance se détache le fantôme de Kafka. L’œuvre et l’existence du grand écrivain planent sur l’ensemble du spectacle. On voit aussi apparaître, dans les recoins ténébreux du Livre de K, les silhouettes d’Anna Akhmatova, d’Ulysse, de Bruno Ganz et Wim Wenders… À la tête d’une troupe de onze interprètes, Simon Falguières n’a lui, sur le plateau, rien d’un fantôme. Il donne corps à la présence baroque d’une figure saisissante : un comédien magnifique, un fou shakespearien qui philosophe, la nuit, face à un ciel sans étoile.
Manuel Piolat Soleymat
Du mercredi au vendredi à 19h30, le samedi à 18h30, le dimanche à 15h30. Durée : 2h30. Tél. : 01 46 14 70 00. www.nanterre-amandiers.com.
Également du 17 au 21 novembre 2026 au Théâtre Dijon Bourgogne, les 25 et 26 novembre au Quai à Angers, le 3 décembre au Préau à Vire, le 17 décembre au Tangram à Evreux, le 10 avril 2027 à l’ACB à Bar le Duc, du 22 au 30 mai au Théâtre national Populaire à Villeurbanne.
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