La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Festival

L’acte inconnu de Valére Novarina

L’acte inconnu de Valére Novarina - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 juin 2007

L’Acte inconnu, le dernier spectacle de Novarina créé bientôt dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, fait briller l’emblème poétique de ce 61ème Festival d’Avignon, extrait des Feuillets d’Hypnos de René Char : « L’acte est vierge, même répété ».

C’est au Festival d’Avignon que Novarina a créé Le Drame de la vie en 1986, Vous qui habitez le temps en 1989, La Chair de l’homme en 1995, L’Origine rouge en 2000 et La Scène en 2003. Autant d’actes vécus comme vierges à chaque fois, répétés pour le témoignage infini de la vérité du théâtre, « ce lieu de l’accord juste entre l’acteur, le texte et l’endroit de la représentation. » L’acte théâtral est un lieu symbolique qui ne saurait s’extraire de celui plus concret de la représentation. Et c’est l’espace prestigieux de la Cour d’Honneur qui fait office de lieu de représentation pour cet Acte inconnu, une suite logique à la réception de l’avant-dernier spectacle de Novarina, L’Espace furieux, à la Comédie-Française. Le public avignonnais de la Cour d’Honneur est d’emblée humainement mélangé, ne serait-ce que par les âges, les professions, les nationalités, pour une écoute contemporaine d’une œuvre politique malgré elle dans sa mise en exergue des enjeux du langage.

La parole est une mise en mouvement libératoire du langage.

Pour l’auteur, les êtres sont devenus les jouets du langage qui paradoxalement les libère en même temps puisqu’il évite le plus longtemps possible la catastrophe des luttes corporelles et physiques : « Tant que l’on peut traiter les problèmes avec le langage ou avec l’argent, qui est aussi un langage, on peut éviter le combat. » On compte quatre pièces à l’intérieur de la nouvelle pièce, comme si le théâtre ne cessait de se souvenir du théâtre en train de s’écrire et de se jouer : « Il y a une phase nocturne d’écriture qui ne veut pas savoir où elle va et ce n’est qu’à la fin que l’architecture apparaît .» C’est la phrase qui importe au théâtre et non le mot, puisque la parole est une mise en mouvement libératoire du langage respiré. L’acteur est perçu comme un masque nu, il « sort » de l’homme quand il joue. Des mystères au sens fort et sacré que Novarina nous invite à sonder avec lui. Avec les acteurs, Michel Baudinat, Manuel Lelièvre, Olivier Martin-Salvan, Dominique Parent, Dominique Pinon, Myrto Procopiou, Hugues Quester, Agnès Sourdillon, Véronique Vella, Léopold von Verschuer, Valérie Vinci… Une belle aventure.

A propos de l'événement

Avignon 2007


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