La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

SHALL WE DANCE?

Une formation de plus en plus internationale

Une formation de plus en plus internationale - Critique sortie Danse

Enseignements à l'étranger

Publié le 27 février 2016

Les écoles de danse s’internationalisent de plus en plus. Un processus où le métissage culturel fait aussi peser le risque de l’uniformisation.

La danse, elle aussi, connaît sa mondialisation. Longtemps marquée par des formations aux caractéristiques nationales fortes, la danse peut aujourd’hui faire voyager futurs interprètes et chorégraphes à travers le monde. Sans doute la plus connue en France des écoles étrangères, P.A.R.T.S, fondée en 1995 par Anne Teresa de Keersmaeker, a affirmé dès ses débuts une vocation internationale qui s’est traduite dans les faits : une trentaine de nationalités entre élèves et professeurs et, au final, une réussite incontestable au vu des danseurs et chorégraphes de tous pays qui, après cette formation, connaissent un très large succès (le belge Sidi Larbi Cherkaoui, la danoise Mette Ingvartsen, l’américain Daniel Linehan pour ne citer qu’eux).

La danse à l’heure de la mondialisation

Mais l’imposant arbre P.A.R.T.S ne doit pas cacher une foisonnante forêt. Dans une fiche recensant de manière non exhaustive les possibilités de se former à l’étranger, le CND cite des écoles réparties entre trois pays africains, deux d’Amérique du Nord et quinze pays européens. Pour la plupart de ces derniers, la compatibilité européenne des diplômes assure leur reconnaissance en France. Les possibilités sont donc nombreuses pour les jeunes gens qui veulent se former à l’étranger. Le langage corporel de la danse estompe sans l’effacer le problème des barrières linguistiques (si à la Palucca Hochschule de Dresde, il faut parler allemand, à P.A.R.T.S, on enseigne en anglais), et on imagine le profit qu’il y a à tirer de ces métissages culturels, même si l’on peut craindre à terme que cette internationalisation des pratiques ne soit aussi source d’uniformisation. Malgré cette mondialisation florissante,  aujourd’hui, l’écrasante majorité des danseurs et chorégraphes français de renom reste formée en France. Question de génération peut-être. Et avec quelques exceptions comme Mathilde Monnier et Emmanuelle Huynh, qui se sont formées à l’école Mudra, fondée à Bruxelles par Béjart, et ancêtre de P.A.R.T.S. Côté formation française à dimension internationale, on notera d’ailleurs que cette même Mathilde Monnier a fondé au CCN de Montpellier une formation E.X.E.R.C.E,  qui a déjà attiré quelques beaux noms de la danse contemporaine internationale actuelle. Et on peut également évoquer aussi, entre autres, le CNDC d’Angers, dont la dernière promotion compte une vingtaine d’élèves venant de France, Colombie, Chine, Portugal et République tchèque… Le mouvement est bien en marche.

 

 

Eric Demey

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