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Les scènes conventionnées, une annonce sans effet ?

Les scènes conventionnées, une annonce sans effet ? - Critique sortie Danse
Crédit : Marc Domage Légende : Clan, la dernière création d’Herman Diephuis, ex-résident à la scène conventionnée disparue du Blanc-Mesnil, aujourd’hui à la scène conventionnée de Tremblay-en-France.

Danse et scènes conventionnées

Publié le 27 février 2016

Un ensemble d’acteurs essentiels à l’épreuve d’une fragilisation politique et financière de leurs projets ; une annonce faite par François Hollande présageant d’une nouvelle ambition… Et depuis, plus rien.

Rappel des faits : les scènes conventionnées sont apparues officiellement en 1999 sous l’égide d’un programme national défini par la ministre de la Culture Catherine Trautmann. Les théâtres missionnés « plateaux pour la danse » intègrent alors ce programme, devenant les scènes conventionnées danse que l’on connaît, rejointes ensuite par d’autres lieux. En 2014, on comptait 117 scènes conventionnées, aux profils très divers, mais à l’action incontournable du point de vue du maillage territorial, du soutien à la création, de l’offre de diffusion et de l’élargissement des publics que constitue ce réseau. Or, on constate que l’objectif initial porté à 150 scènes conventionnées est loin d’être atteint. Pire encore, certaines d’entre elles, au cœur d’attaques politiques au sortir des dernières élections municipales, ont été littéralement rayées de la carte, sans que l’ambition nationale qu’elles portent ait pu jouer pour la pérennité de leur projet. On pense notamment au regretté Forum du Blanc-Mesnil, qui, en matière chorégraphique, a pu implanter un grand nombre d’artistes sur son territoire, et soutenir leurs projets (Alban Richard, Lauren Bonicel, Herman Diephuis, Daniel Dobbels, Myriam Gourfink…).

Clarifier le rôle de chacun

Ces scènes bénéficient d’un financement croisé Etat / collectivités, la question de la somme plancher de l’intervention de l’Etat n’a jamais été résolue. A l’heure où la réforme territoriale fragilise les lieux, où les collectivités elles-mêmes souffrent d’un manque de moyens, les scènes conventionnées ont entamé un dialogue avec le Syndicat National des Scènes Publiques et le Syndicat National des Entreprises Artistiques et Culturelles. Lors d’une rencontre entre les deux syndicats et le chef de l’Etat en mars dernier, en présence de la ministre de la Culture Fleur Pellerin, celui-ci s’est prononcé pour la création d’un véritable label national des centres d’arts et des scènes conventionnées. Une avancée significative, qui aurait pour incidence de clarifier le lien et les procédures entre l’Etat et les collectivités dans le projet du lieu – et par ailleurs d’affirmer le poids de l’Etat, notamment financier –, et d’établir un cahier des charges garantissant la liberté du projet artistique, ainsi qu’un suivi et une évaluation selon des critères partagés par tous. Aujourd’hui, alors que la loi « Liberté de création, architecture et patrimoine » a été votée, et que les nouveaux cahiers des charges pour les CDC et les CCN sont définis, silence radio sur les scènes conventionnées. Un silence bien dérangeant.

 

Nathalie Yokel

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